Cully – Une vie bien remplie…
« Déjà nonante ans ! Et je n’ai rien vu venir. C’est fou ce que c’est passé vite… »

Habitant de Cully depuis la fin des années 1950, Germain Ayer était de fort belle humeur, mercredi dernier, en recevant le syndic de Bourg-en-Lavaux, Jean-Pierre Haenni et son fidèle huissier communal, Pierre-Alain Genton, venus les bras chargés de cadeaux lui présenter les salutations et les vœux des autorités communales pour ses nonante printemps.
Ce « jeune » nonagénaire ne manque d’ailleurs pas d’humour. En levant son verre de Villette, il a passablement fait rire ses hôtes en leur signalant qu’il était heureux de constater qu’en dépit de son grand âge, « je n’ai mal nulle part » et surtout qu’il avait baptisé « Ferrari » son robuste déambulateur, qui lui permettait de se déplacer prudemment. « Je monte chaque jour les escaliers pour me tenir en forme. »
Cette rencontre joyeuse fut l’occasion pour lui d’égrener quelques beaux souvenirs : son enfance à Gruyère où ses parents possédaient un petit domaine à un jet de pierre des murs d’enceinte ; son apprentissage de peintre-décorateur à Bulle, où il fut formé à la technique ancestrale de la dorure à la feuille d’or ; ses décors pour le Théâtre municipal de Lausanne où il a tenu le brigadier (le bâton en bois utilisé frapper les coups sur le plancher de la scène avant le début d’un spectacle) ; les belles enseignes qu’il réalisa pour des établissements de la région ou encore les onze poyas qu’il créa dans son atelier…
Très impliqué dans la vie de sa commune d’adoption, où il s’était mis à son compte, formant à son tour de nombreux apprentis, Germain Ayer a siégé 18 ans au Conseil communal de Cully. « J’ai vu passer cinq syndics », précise-t-il en rigolant de bon cœur avec le syndic actuel. Grand sportif, il fut moniteur à la société de gym et s’honore d’avoir fait de nombreuses fois le tour du Léman à vélo ainsi que le trajet Cully-Paris en trois étapes en tandem.
C’est à Cully que Germain rencontra Mado, née Noverraz, qui allait devenir sa femme, aujourd’hui disparue. Papa de trois enfants, heureux grand-père et arrière-grand-père, Germain Ayer respire la joie de vivre et son optimisme est très contagieux.
Le Courrier lui adresse à son tour, ainsi qu’à sa famille, ses meilleurs vœux.


