Cully – La machine cachée du festival
Cully Jazz du 10 au 18 avril
A la veille du lancement du Cully Jazz Festival, les scènes ne sont pas encore ouvertes, mais la préparation tourne déjà à plein régime depuis le 9 mars. Derrière l’image festive et les caveaux pleins, des dizaines de professionnels et des centaines de bénévoles s’activent pour créer cette petite ville éphémère.

« Moi, je suis serein », confie Guillaume Potterat, responsable notamment des infrastructures et de la gestion financière, lorsqu’on lui demande dans quel état esprit il se trouve. Une sérénité qui repose sur une organisation désormais bien rodée. « Depuis début mars, le montage s’étire sur cinq semaines ». D’abord les tentes, puis la cuisine, « Le ventre du festival », avant l’arrivée des équipes techniques. Au total, jusqu’à 50 personnes s’activent simultanément sur le site pour équiper plus d’une quinzaine de lieux, du chapiteau aux caveaux intimistes.
Car c’est bien là une des particularités du festival : tout est à construire, chaque année. Scènes, bars, éclairages, sonorisation, stands : « Ce n’est pas juste un chapiteau, c’est tout un village à recréer, une entreprise à part entière », résume-t-il. Cette logistique conséquente, invisible pour le public, est la clé pour démarrer les festivités sereinement.
Invisible aussi, toute une économie de l’ombre. Livraison des boissons, transport des artistes, nettoyage, coordination : « Il y a facilement 20 à 25 % des postes qui ne sont pas en contact direct avec le public », souligne Guillaume Potterat. Parmi ces évolutions discrètes, quoi que plus visible, on note la gestion des déchets qui a transformé le festival et ses alentours, notamment avec la vaisselle consignée : « Aujourd’hui, un site propre est devenu la norme, au point que le public n’imagine plus ce qu’il en était il y a vingt ans. La propreté contribue au bien-être des visiteurs et au voisinage. »
Le festival derrière le festival
Mais la véritable colonne vertébrale reste humaine. Pendant le festival, près de 600 bénévoles se relaient, dont environ 450 chaque soir. Un engagement massif, équivalant à quelque 300’000 francs de travail. « Sans eux, il faudrait augmenter les prix. Et surtout, on perdrait cet esprit », insiste-t-il. Car au-delà de l’aspect économique, c’est leur motivation et leur passion qui font la différence.
Reste une part d’incertitude. A une semaine de l’ouverture, le jour de l’interview, les inquiétudes ne viennent plus de l’interne. « Aujourd’hui, ce qu’on ne maîtrise pas, c’est la météo ou les événements extérieurs », admet-il.
Et pour le reste ? L’identité du festival fait le travail. Dans ce village transformé, où l’on passe d’un caveau à l’autre, où l’on entre presque « chez les gens ». Une expérience unique, entre musique, vin et proximité. « On vient découvrir des lieux, une ambiance et aussi, découvrir des artistes », glisse Guillaume Potterat.


