Coopération et neutralité
Le 27 septembre nous voterons, comme vous pourrez le constater, en tournant quelques pages. A nouveau la question de la neutralité est sur le tapis, elle l’est depuis bien avant la campagne, à vrai dire depuis 2022 avec la reprise des sanctions contre une Russie invasive, s’alignant ainsi avec les nations européennes secouant le Landernau et faisant couler beaucoup d’encre.
La perte de souveraineté face à l’Europe est notre Godzilla. La peur ultime et le plus bel argument pour ne rien faire tout en renforçant son donjon. Or, il s’avère que de bilatérale 1 en bilatérale 2, puis 3, la tour existe toujours mais des ponts ont été négociés… parfois détruits, mais reconstruits. On savait la pénibilité des métiers du bâtiment mais notre savoir-faire en ce domaine est royal… pardon, confédéral !
Du savoir-faire, notre discrète industrie de l’armement en a aussi, qui ne fait pas toujours la première page, mais dont l’efficience n’a comme seule concurrente que la discrétion légendaire de nos banques. Alors, comment allier industrie et neutralité ?…
Cette industrie spécialisée, doublée de capacités de recherche et développement considérables dont dispose la Suisse, sont reconnues par Bruxelles qui y voient un terreau fertile, voire nécessaire et la pousse vers une coopération.
Fin été 2026, le Parlement donne mandat au Conseil fédéral d’explorer ces voies avec l’Union Européenne en vue d’un partenariat de sécurité. Une coopération stratégique qui prendrait la forme d’un « Security and Defense Partnership » ; un partenariat avec l’UE déjà signé par douze pays dont le Canada, l’Inde, le Japon, la Grande Bretagne et j’en passe.
Une sécurité dont notre pays ne peut se passer, comme elle ne peut vouloir compliquer des négociations déjà en cours… mais avancer de deux pas puis reculer d’un semble être dans nos habitudes, à moins que ce soit l’inverse.
Voter sur la neutralité relève de bien plus que de durcir notre souveraineté. Il s’agit surtout de sauvegarder notre liberté de coopérer, ou non, selon les règles d’une neutralité déjà inscrite et existante, avec la souplesse qu’elle laisse pour des bilatérales futures.


