Confusion

… pour ne pas dire cacophonie. D’abord entre l’Etat fédéral et les cantons, c’est à qui renvoie la balle dans l’autre camp le plus rapidement possible. Puis entre les cantons – souverains dans notre état fédéral, faut-il le rappeler – qui ne tombent pas d’accord sur les mesures à adopter contre la pandémie. Ces microfissures permettent la circulation des achats et des plaisirs. Les Fribourgeois vers les tables bernoises, les Genevois vers les magasins vaudois et, comble de l’ironie, les Français vers les commerces et établissements suisses ! Le traitement inégal des cantons envers l’économie en général est non seulement dommageable à… l’économie elle-même, mais aussi créatrice de fronde sur les réseaux sociaux et ailleurs. Cette population frondeuse, et très leste à afficher les (ses ?) contradictions, contribue fortement à l’instabilité sociale et finalement à la diffusion facilitée de la pandémie. Une sorte d’anarchie latente et inconsciente où les règles sont autant d’obstacles que chacun se plaît à contourner avec un petit rire moqueur. L’éclosion de la post-adolescence comme mode de vie… avec comme corollaire, la saturation du système hospitalier. Plus dure sera la chute. La Confédération rechigne à reprendre les rênes, et c’est malheureusement bien compréhensible. Les mesures seront forcément impopulaires. Le sentiment de ras-le-bol, maintenant bien ancré, nous rapproche d’une poudrière prête à exploser. Susceptibilités à fleur de peau, positionnement binaire et confusion entre « croire » et « savoir » sont devenus notre lot quotidien. Une liberté de direction a été donnée aux cantons. La sanction tombera fin novembre à l’analyse de la courbe pandémique. Il y a fort à parier que la fin de cette confusion sonnera avec de fortes mesures fédérales. La liberté comporte un devoir, celui de la responsabilité individuelle.