Cinéma – Recalculer le prix du gaz

Au cinéma d’Oron, dimanche 9 mai à 18h, en présence de la réalisatrice

Charlyne Genoud | Le dimanche 9 mai à 18h, la réalisatrice neuchâteloise Orane Burri viendra présenter son documentaire « Le prix du gaz, une résistance citoyenne » au cinéma d’Oron. Le film a notamment été sélectionné aux Visions du réel de 2019, ainsi qu’aux Journées de Soleure 2020.

Les sols de travers

L’eau de source claire du Val-de-Travers, ses bois et ses roches calcaires. Tant de trésors menacés, en 2013, par des projets initiés par la compagnie Celtique. « Les Gorges de l’Areuse c’est 70 % de l’eau potable du canton » lit-on sur les panneaux des citoyens mobilisés contre la multinationale, une entreprise qui a voulu forer les roches de la région pour chercher du gaz « conventionnel ». Au milieu du processus d’accord entre le privé et le public, un document confidentiel propagé par un lanceur d’alerte a cependant révélé que la société voulait aussi chercher du gaz de schiste, ce qui était passé sous silence car interdit en Suisse.

La fragile nature du Val-de-Travers

Une minisérie devenue maxifilm

Alertée de ce qui se trame ainsi discrètement non loin de chez elle depuis 2010, la réalisatrice Orane Burri se lance dans un tournage d’un an et demi afin de suivre le combat des opposant.e.s. Le film visible au cinéma d’Oron est le résultat de cette enquête filmique, qui devait originellement aboutir à une minisérie web qui n’a finalement pas trouvé les financements escomptés. Quatre ans plus tard, Orane Burri a décidé de reprendre les rushs qui lui restaient sur les bras pour créer ce film grâce à sa société de production « Les Regardiens ».

Face à face

Les citoyens et citoyennes militent pour la sauvegarde de leurs eaux

D’une part les promoteurs, de l’autre les politiques. Entre les deux, les locaux mis au courant de la menace que représente le projet pour leurs eaux. Leur combat filmé et glorieux révèle le pouvoir des citoyens face à ces deux entités qui semblent en premier lieu pouvoir décider à leur place. Au terme du périple, un constat ; le pouvoir est entre nos mains. Les raisons de lutter sont variées face au projet dangereux : si ce n’est pas directement le forage unique présenté par l’entreprise qui dérange certain.e.s, il y a le manque de transparence ; sans cesse, on découvre avec la caméra d’Orane Burri que les beaux discours ne sont que poudre aux yeux. Peu concernés par la région, les employés internationaux, qui présentent le projet mielleusement, tentent de prouver que la région n’est pas en danger. A tour de bras ils ont des études universitaires pour le démontrer. Ce qui survient ensuite entre les militant.e.s, c’est la question du pluriel sur les tracts : en effet, si un forage est déjà nocif, l’autoriser est ouvrir la voie – et la vallée – à une destruction massive de sa nature. En 2014, ayant sans doute pris conscience du véritable prix du gaz, le Grand Conseil vote cependant un moratoire de dix ans sur les forages d’hydrocarbures ; de quoi revoir à la hausse la propension de chaque citoyen à changer son/le monde !

Le prix du gaz, une résistance citoyenne, (Orane Burri, 2019), Suisse, 64’

Rallumer les projecteurs, à Chexbres et à Oron

C.G. | Ce mercredi 5 mai, le cinéma d’Oron a rouvert ses portes après six mois de fermeture compensé par une riche offre en ligne. Pour les soutenir, la location de salle privée est encore possible. Dès cette semaine y sera visionnable le prix du cinéma suisse de cette année Schwesterlein dont nous n’avons eu de cesse de parler, ainsi que des sorties récentes à voir de toute urgence ! Mais si vous le manquez, pas de stress car le film sera récupéré par le cinéma de la grande salle, et projeté les 11, 12 et 15 mai. Le cinéma local, qui « résiste au temps et aux multiplexes », a en effet rallumé son projecteur dimanche passé. Rendez-vous les mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h30 pour découvrir leurs trésors. Pour se mettre en jambe, au programme de ce week-end Baghdad in my shadow, primé aux Swiss film awards de 2020. Le documentaire Honeyland, qui nous met en route vers la Macédoine sera ensuite projeté les 11 et 12 mai, suivi du film suisse salué par la critique Les enfants du Platzspitz ; un retour dans les années 90, à l’heure où la scène de la drogue zurichoise choquait le monde entier. Le cinéma de Chexbres n’oublie par ailleurs pas les plus petits puisque « La petite lanterne » aura lieu le 20 juin pour les 4 à 6 ans. Hâtons nous donc de nous y rendre avant la fermeture estivale prévue le 4 juillet. Le programme est accessible depuis le site internet du cinéma : cinechexbres.ch. Le cinéma du Jorat à Carouge ne rouvrira quant à lui pas ses portes.