Carrouge – Jean-Marc Jordan, nouveau nonagénaire

Un après-midi qui fait du bien: merci et surtout santé

Jean-Marc Jordan avec son épouse Erna. Au centre, leur fils Patrice Jordan

Martine Thonney | Le 21 février, le titre a été décerné à l’unanimité car Jean-Marc Jordan fêtait son anniversaire ! Suite à un ennui passager de santé, la délégation de la municipalité est allée la semaine passée féliciter le jubilaire et lui apporter ses vœux et les présents qui vont de pair. Le virus obligeant à ne pas dépasser cinq personnes autour de la table, la soussignée est allée, le lendemain, lui adresser un salut amical ainsi qu’à son épouse. Dans une jolie véranda fleurie à souhait, les discussions n’ont pas tardé. Evocations et souvenirs du passé mais aussi foi en l’avenir ! Le paysage était planté tel un décor de théâtre devant nos yeux : le hameau du Borgeau, berceau de la famille de Jean-Marc, la ferme de la Fontanettaz où ce dernier a vécu  et en toile de fond la chaîne des Préalpes où trône le Moléson. Jean-Marc Jordan est donc né à Carrouge dans une famille paysanne. Son papa, Pierre Jordan, originaire de Carrouge – ou plutôt du Borgeau – avait épousé Hélène née Jordan originaire de Mézières ! De quoi se perdre dans les méandres généalogiques… La famille de Mézières exploitait un domaine agricole et sa ferme se situait (et se situe encore, reconnaissable à sa grange à pont) au sud de la grande salle. Jean-Marc avait un frère Michel et une sœur Pierrette, tous deux décédés. Il est le cadet né en 1931. Après sa scolarité primaire au village, il monta à la prim’sup à Mézières. De son maître, William Maulaz, il garde un souvenir reconnaissant et le traite de « tout fin pédagogue ». Arrive le temps de l’apprentissage à la poste, comme facteur une douzaine d’années à Lausanne. Une passerelle en cours d’emploi lui permit d’obtenir un CFC d’employé de commerce qui le mena aux portes des Services industriels de Lausanne. Il y resta jusqu’à la retraite. Jeune homme, il parcourait le Jorat sur sa moto et particulièrement la route non goudronnée qui le menait à la laiterie de Vulliens… La poussière emmagasinée sur le trajet n’a apparemment pas effrayé la fille du fromager, Erna Bärtschi qui devint Madame Jordan. Leur mariage se déroula à la chapelle de Carrouge. Patrice naquit et la vie se déroula entre Prilly et Lausanne. D’une famille de chanteurs, Jean-Marc prit rapidement le chemin du chœur d’hommes de Prilly et avec Erna chanta au chœur mixte La Chanson de Prilly. Plus tard, résidant dans sa villa construite dans son village, il aima chanter au chœur du Théâtre du Jorat et à la chorale de Carrouge. Avec ses contemporains, il fit de nombreuses sorties et les amitiés lui tiennent à cœur. Dans cet esprit, il a rejoint les « Batteurs de flo » de l’Association Jorat Souviens-Toi. Jean-Marc et Erna se réjouissent de pouvoir à nouveau retrouver les Aînés du Jorat dans des balades, des moments conviviaux. Les anecdotes, la bonne humeur, les bricelets recette Martha Bärtschi, l’évocation des personnes connues, les lieux visités ici comme là-bas au Canada où vivent assurément des descendants de la branche des Jordan de Mézières émigrés en 1936, la joie de voir leurs deux petits-enfants Meryl et Steve et leurs parents, la reconnaissance, et la perspective de fêter un anniversaire dans des conditions normales ont animé un après-midi trop vite passé. Après-midi qui fait du bien : merci et surtout santé à Jean-Marc et à Erna, bien entendu.