Bourg-en-Lavaux – Salomon Dubois, vigneron vaudois et consul honoraire de Finlande
Le 5 février à Epesses, une quarantaine d’invités ont inauguré le nouveau consulat honoraire de Finlande pour les cantons de Vaud, Genève, Fribourg et du Valais. Derrière le titre, il s’agit d’orienter, de certifier, de représenter et de servir de relais à l’ambassade. Rencontre.

Au deuxième étage de la cave Dubois, au cœur d’Epesses, une quarantaine d’invités ont pris part à une agape à taille humaine. « Nous n’avons pas tellement plus de place ici », sourit Salomon Dubois, vigneron et consulat honoraire de Finlande depuis le 7 octobre 2025. Si la soirée avait pour mission de célébrer le nouveau représentant du pays nordique pour quatre cantons romands, elle visait aussi à rendre visible un service méconnu. « Donner une adresse et un visage. Dire que c’est ouvert, que les Finlandais de la région le sachent. » Conviviale, la rencontre n’en était pas moins officielle, puisque l’ambassadeur à Berne et d’autres consuls de Finlande installés en Suisse étaient présents.
Un titre pour l’honneur
Le terme compte, consul honoraire, donc non rémunéré : « On fait ça pour l’honneur », résume Salomon Dubois. Pas d’employeur, pas de salaire, et même pas de défraiement automatique, dans le détail, seules certaines démarches donnent lieu à une compensation, par exemple, 47 francs pour un certificat de vie, destiné à couvrir le temps passé et les frais. Ce rôle de consul honoraire, Salomon le reprend à Jean-Philippe Rochat, en poste depuis 1998 et aujourd’hui sur le point de lâcher plusieurs mandats. La durée exacte ? Salomon Dubois n’en sait trop rien : « A en croire mon prédécesseur, c’est une fonction que l’on renouvelle. Le mandat est de durée indéterminée. »
On imagine parfois un consulat comme un mini-bureau d’Etat, avec passeports et visas. Ce n’est pas forcément le cas, en tous cas plus aujourd’hui. « Les démarches biométriques et les documents sensibles se font à l’ambassade, à Berne. Le consulat honoraire est un point d’appui », détaille le vigneron. Parmi les demandes les plus fréquentes, on note les certificats de vie, exigés pour continuer à percevoir une pension finlandaise ou régler certains dossiers d’héritage. Le principe est simple : contrôle d’identité, signature, attestation, ou encore reconnaissance de signature : « Les papiers officiels que je peux faire sont restreints, mais ils peuvent éviter des trajets inutiles aux ressortissants finlandais établis en Suisse et des blocages administratifs. »
Les yeux et les oreilles de l’ambassade
Le consulat honoraire a aussi un rôle de relais. En cas d’accident ou de situation grave impliquant des ressortissants finlandais, il peut appuyer l’ambassade sur le terrain, notamment en Suisse romande : contacts, langue, coordination, relation avec les médias. Salomon Dubois cite l’exemple – très concret dans les esprits – du drame de Crans-Montana : « L’ambassade était en alerte, prête à intervenir. Si c’est grave, l’ambassadeur se déplace, mais je peux être là en soutien. » Si le périmètre de Salomon couvre Vaud, Genève, Fribourg et le Valais, d’autres cantons romands (Neuchâtel, Jura) sont rattachés directement à Berne. « Et la Finlande dispose aussi d’un réseau ailleurs. Un consulat honoraire général à Zurich, un consulat honoraire à Lugano, et même un consulat honoraire au Liechtenstein, rattaché à la même ambassade. »
Mais alors pourquoi Epesses ? Le lieu d’habitation de Salomon a demandé, lui aussi, une validation : « La nomination doit être acceptée par la Finlande, sur proposition de l’ambassadeur au ministère des Affaires étrangères, mais aussi reconnue par la Suisse ». Dans le cas d’Epesses, il a fallu argumenter : « Installer un consulat dans un village plutôt qu’en ville n’allait pas de soi ». Et il y a, derrière le choix de l’homme, une histoire personnelle. Salomon Dubois est double national et a effectué son service militaire en Finlande. « Ce pays fait partie de ma vie », dit-il, évoquant une attache faite moins « de sang » que de langue, de valeurs et d’expérience. Cette sensibilité, combinée à un enracinement vaudois « vigneron ici, comme mon père et mon grand-père, correspond à l’esprit même d’un consul honoraire, quelqu’un de bien implanté localement, capable de faire le pont. »
Représentant d’un pays
Le volet le plus visible reste la représentation. Salomon Dubois cite notamment la commémoration annuelle liée au maréchal Mannerheim, figure de l’indépendance finlandaise, soigné sur la Riviera et décédé à Lausanne en 1951 : une stèle à Territet rappelle ce lien, avec cérémonie et officiels. « Ça, forcément , ça fera partie du job. »


