APOL : bon exercice 2016

Claude Quartier   |  L’Association police Lavaux (APOL) a été fondée en 2011. A la fin de la législature 2011-2016 chacun s’en félicite. L’APOL est accréditée par le canton. Elle déploie son activité sur les communes de Bourg-en-Lavaux, Chexbres, Lutry, Puidoux, Rivaz et St Saphorin. Selon le président de l’Association, Jean-Paul Demierre, municipal à Bourg-en-Lavaux: «les objectifs ont été atteints dans le cadre du budget adopté. De plus, les rapports avec la population sont bons, ce qui est essentiel pour une police de proximité».

Le commandant Eugène Chollet, souligne que 2016 a été une année particulière: «Les changements sociaux qui poussent au repli, les évolutions techniques qui permettent une diffusion instantanée de nouvelles souvent erronées font monter de brusques flambées de colère qui se traduisent dans les urnes ou dans la rue par des actes imprévisibles, allant jusqu’au terrorisme comme dans des pays voisins». Paradoxalement si la difficulté de vivre ensemble augmente, la sécurité dans son ensemble s’est nettement améliorée durant cette dernière législature. Pierre-Yves Maillard, président du Conseil d’Etat et conférencier invité le confirme: «Les délits ont diminué de 30% dans le canton durant cette dernière législature».

Les divers piliers d’une politique sécuritaire

Ce bon résultat est à mettre au crédit de tous ceux qui s’occupent de près ou de loin de la sécurité: les polices cantonales et régionales au premier rang dont on a augmenté les effectifs de plusieurs dizaines d’unité; une politique de prévention et de répression dont on a précisé les contours avec par exemple l’opération Strada pour diminuer le deal de rue; la chaîne pénale mise au diapason des nouvelles exigences de sécurité; enfin la capacité des prisons qui a augmenté de plus de 20%. On voit que la sécurité ne se résume pas à la seule présence de Rambos dans les rues mais à une politique mûrement réfléchie qui se donne les moyens humains et financiers d’atteindre ses objectifs.

Indirectement, une politique sociale adéquate est aussi un gage de sécurité. Pour Pierre-Yves Maillard: «Le désir d’égalité est très fort chez chacun. Il consiste simplement à avoir un travail, un appartement, une famille. Si les jeunes se sentent exclus de ces aspirations de base, on sème des graines d’insécurité et de violence. Une politique sociale bien pensée est un investissement pour la sécurité à venir».

L’APOL est une pièce de ce puzzle sécuritaire. Dans son petit coin de pays, elle assure nombre de tâches de proximité, qui contribuent à la sécurité générale. Environ 10’000 heures ont été consacrées à la prévention: éducation des jeunes cyclistes, présence auprès des 15 établissements scolaires de la région et lors de quelque 1700 manifestations villageoises; écoute des citoyens dans la rue ou lors des 18’000 appels téléphoniques reçus à la centrale. Etre sur le terrain et en contact quotidien avec la population sont les mamelles d’une police de proximité.

Ce côté social n’exclut pas le côté répressif de l’activité policière. Les Fr. 200’000.- d’amendes supplémentaires infligées l’an passé font que les agents ne passent pas pour des agneaux et tempèrent les bons rapports que l’on peut entretenir avec eux. Mais comme 62% des chauffeurs collés sont en transit, les rapports avec la population locale restent bons.

L’APOL a connu deux événements exceptionnels dans sa vie de police de proximité durant ce dernier exercice: l’arrivée du président chinois à la gare de Lutry le 17 janvier, car jamais le village n’avait vu débarquer à sa gare un des hommes les plus puissants de la planète. Tout s’est bien passé et plus calmement que le 16 septembre dans la nuit quand un forcené a tiré sur les policiers, suite à un léger accident de la circulation. Pas de blessés, mais un choc tout de même pour les agents pris pour cible