Drame de Crans-Montana
Après le drame, un recueillement pour se serrer les coudes
Dimanche en fin de journée, dans un froid polaire, la commune d’Oron et les églises d’Oron et environs se sont associées pour exprimer soutien et compassion aux personnes frappées par la tragédie de Crans-Montana.

Véronique Monnard, pour la commune et les Eglises | l est 17h et déjà une centaine de jeunes arrivent sur la place de la Foire, à Oron, tous de noir vêtus. L’émotion est palpable. Ce sont des leurs qui ont vécu la catastrophe survenue au petit matin du Réveillon… Ils étaient 11 à s’être rendus
sur place. Certains en sont revenus grièvement blessés, d’autres moins grièvement, mais tous choqués par l’horreur… Et Stiven y a laissé sa vie.
Devant une telle catastrophe, on a besoin de se serrer les coudes, de s’appuyer les uns sur les autres. C’est ce que ces jeunes ont fait en se rassemblant spontanément et en trouvant accueil, écoute, réconfort et debriefing auprès de différentes instances dont les églises.
Se serrer les coudes c’est aussi ce qu’ont fait la commune d’Oron et les communautés chrétiennes pour mettre sur pied un recueillement afin de recevoir ensemble un bout de consolation. Se serrer les coudes enfin, c’est ce que l’assemblée a vécu au propre et au figuré dimanche à 17h30 en entourant les victimes et leurs familles.
Près de 800 personnes se sont rassemblées pour vivre ce recueillement qui s’est déroulé paisiblement grâce à une excellente organisation et au grand respect des participants. La commune avait sollicité la voirie, des gendarmes et des pompiers qui ont répondu nombreux et volontairement à l’appel. Des bénévoles ont aussi rejoint l’équipe pour assurer une écoute professionnelle ou tout simplement pour prêter main forte pendant l’événement.
Le recueillement, préparé par des adventistes, des catholiques, des évangéliques et des réformés, cherchait à offrir un espace et un temps pour sortir de la sidération et se sentir entourés quand tout bascule ; une occasion aussi de drainer le chagrin et la colère et d’accueillir les questions sans réponses. Se succédaient de la musique enregistrée, du silence et des morceaux d’orgue. A noter que l’organiste joue dans la paroisse réformée d’Oron et dans la paroisse catholique de Crans-Montana ; il était sur place le 31 décembre et a ainsi pu exprimer sa compassion avec délicatesse.
Au cœur de la célébration, une prière simple et ouverte évoquait les victimes et leurs familles, ceux qui ont perdu un être aimé comme ceux qui sont dans le doute et l’attente ; une gratitude était exprimée pour toutes les personnes qui sont intervenues sur place et pour la solidarité nationale et internationale des hôpitaux.
Des haut-parleurs relayaient les paroles et les musiques pour celles et ceux qui étaient dehors, en attendant d’entrer dans le temple saturé de monde. On pouvait allumer une bougies LED, écrire sur des panneaux, déposer dans des boites un message ou un don pour une association créée lundi en solidarité aux victimes et à leur famille (Association Unis par le cœur : Isabelle, Enzo et ses amis).
A l’issue de ce moment, les jeunes ont spontanément organisé un cortège à travers Oron, suivi par les personnes présentes. Cette marche silencieuse a permis de prolonger le recueillement au-delà des mots. Se retrouver tous, puis avancer ensemble : une manière d’exprimer que la communauté reste aux côtés de celles et ceux durablement marqués par le drame.
La fin de la prière de ce jour allait dans le même sens : Que cette communion imprègne notre manière d’être ensemble, non seulement en ces jours funestes, mais aussi tout au long des années que tu nous donnes de vivre.

Une cagnotte pour soutenir une famille touchée
Sur la plateforme GoFundMe, une cagnotte a été lancée par les grands-parents d’un jeune touché par le drame de Crans-Montana. Elle vise à soutenir cette famille de Lutry confrontée à une situation particulièrement éprouvante. Les fonds récoltés doivent permettre de faire face à des frais exceptionnels, notamment les déplacements, l’hébergement, les frais de vie sur place à l’étranger, ainsi qu’un manque à gagner lié à des congés non payés pour les parents. Pour contribuer ou en savoir plus, il suffit de se rendre sur GoFundMe et de rechercher le nom de famille Berthoud dans la barre de recherche.


