14 juin 2019 – Grève des femmes – Grève féministe

Pendant deux mois, je vous ai présenté des portraits de femmes, des femmes particulières, qui ont choisi des métiers différents, des femmes qui font quelque chose pour les autres. Certaines sont plus aventurières que d’autres, mais toutes ont choisi leur mode de vie. 

Monique Misiégo  |  Libres. Ce ne fut pas toujours le cas pour les femmes, même dans notre pays. Pour qui a vu le film «L’ordre divin», on prend conscience que les femmes n’ont pas toujours pu travailler, que les femmes n’ont pas toujours eu le droit de vote. Que tout ce qui nous paraît normal maintenant (surtout aux jeunes générations) fut gagné pas à pas par d’autres qui nous ont précédé et qui elles furent de vraies aventurières. 

La liberté nous paraît acquise, mais ne nous relâchons pas. Ne perdons pas de vue ce qui se passe dans les pays voisins mais aussi aux Etats-Unis où simplement le droit à l’avortement est remis en cause, devient un délit. Ce droit est aussi remis en cause en Espagne avec l’avancée de partis rétrogrades. A chaque fois que les femmes ont gagné un combat, elles ont dû se battre pour garder leurs droits. Dans chaque changement de pouvoir, ce sont souvent les droits des femmes qui sont remis en cause en premier.

Alors je les entends ces machos qui nous servent leurs sempiternelles rengaines, comme «le jour où vous ferez l’armée», et autres phrases toutes faites. Ne parlons pas de l’âge de la retraite qui a le don de me mettre en rage. Cela fait 38 ans que le droit à l’égalité est inscrit dans la Constitution, qu’une loi a été votée pour son application et que rien n’a changé. Que nous gagnons encore en moyenne 18 à 19% de moins que les hommes pour un travail égal. Alors à ceux-là je dis «commençons par le commencement». Parce que ces féministes, comme disent les plus méprisants, ne sont pas opposées au congé paternité par exemple. Elles le soutiennent. Parce que c’est cela aussi l’égalité, un même traitement pour tout le monde. Ni plus ni moins. 

Alors pourquoi cette grève ?  Voici les 19 points mentionnés dans le manifeste de la grève des femmes

• Parce que nous en avons assez des inégalités salariales et des discriminations dans le monde du travail.

• Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement.

• Parce que nous voulons que le travail domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale.

• Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le temps de travail.

• Parce que le travail éducatif et de soins doit être une préoccupation collective.

• Parce que nous revendiquons la liberté de nos choix en matière de sexualité et d’identité de genre.

• Parce que notre corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix.

• Parce que nous refusons la violence sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout!

• Parce que nous voulons que la honte change de camp.

• Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations.

• Parce que le droit d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester lorsque nos vies sont en danger.

• Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe.

• Parce que nous voulons des cours d’éducation sexuelle qui parlent de notre corps, du plaisir et de la diversité sexuelle.

• Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de respect réciproque.

• Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise.

• Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues.

• Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de «la femme».

• Parce que nous sommes solidaires avec les femmes du monde entier.

• Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans racisme, sans sexisme, sans homophobie et sans transphobie.

Le 14 juin 1991, une grève des femmes avait eu lieu dans toute la Suisse.
La mobilisation avait été très forte. 500’000 personnes. Mais les choses n’ont pas beaucoup changé.

Le 14 juin 2019, une autre grève des femmes aura lieu dans toute la Suisse. Et là, nous serons beaucoup plus. Parce que toutes les générations se mobilisent. Sur les lieux de travail, à la maison, selon les possibilités de chacune. Cette grève ne sera pas contre les hommes, mais contre un système patriarcal qui a fait son temps. 

Participez, comme vous le pouvez. Faites la grève de la consommation, faites ce que vous pouvez, mais faites quelque chose. Pour vous et pour nous toutes. C’est maintenant qu’il faut bouger. Après ce sera trop tard. Et certes, les choses n’auront pas changé le 15 juin, mais nous aurons montré que nous ne sommes plus d’accord.

L’union fait la force!

Lieux de rassemblements dans divers endroits du canton avec comme final le cortège qui partira de la place Saint-François à Lausanne dès 17h30.

Pour plus d’informations:
www.grevefeministe2019.ch
www.facebook.com/grevefeministe
vaud.grevefeministe@gmail.com