Vucherens – « C’est énorme » Plus de 730 vieux tracteurs prennent possession du Jorat
Durant quatre jours, près de 10’000 personnes ont répondu présent à la Rencontre nationale des vieux tracteurs. Portée par des passionnés venus de toute la Suisse, la manifestation a dépassé les attentes.

Il fallait y regarder à deux fois pour apercevoir le bout des rangées. Sous un soleil de plomb, les carrosseries rouges, vertes, oranges ou bleues remplissent les champs sur les hauts de Vucherens. Un moteur tousse, un autre pétarade. Dans l’air chaud flotte l’odeur des gaz d’échappement et de la paille. Des années 1930 aux années 80, les vieilles mécaniques sont partout.
Le pari lancé, il y a plus de deux ans, par l’association Les Amis des Vieux Tracteurs du Jorat et environs, a justement, largement dépassé les environs. En juillet encore, Jean-François Perroud espérait franchir la barre des 500 machines. Il rêvait d’en réunir autant que Vucherens compte d’habitants. Résultat, c’est plus de 730 tracteurs pour 634 habitants. « C’est énorme ! »
« Il faut que tout le reste suive »
Une affluence qui a mis l’organisation à l’épreuve. Avant la fête, Jérémy Progin, responsable de la sécurité pour la Suisse romande au sein de la FALS (Amis des vieilles machines agricoles de Suisse), avait lancé à Jean-François Perroud : « Et s’il y en a 800, comment tu fais ? » Il avait répondu : « On a de la place. « Je lui ai dit : c’est bien d’avoir de la place, mais il faut aussi que tout le reste suive. »
Et c’est finalement du côté des bénévoles que l’équation s’est révélée la plus compliquée. Parkings, buvettes, circulation, cuisine : 830 plages horaires devaient être couvertes. « Dimanche, nous avons préparé du rôti à la broche pour 1000 assiettes », détaille Philippe Haenni, responsable de la boucherie. Jusqu’aux derniers jours, désistements et manque de bras ont compliqué l’organisation.
De Neuchâtel au Tessin
Dans les allées, les accents se mélangent aux couleurs des capots. Fredy Schmid est venu de Fontainemelon avec son Hürlimann D210 Synchromatic de 1971. « Rien ne nous fait peur en Hürlimann », sourit le Neuchâtelois. Près d’une centaine de tracteurs de la marque suisse sont réunis à Vucherens. « C’est la marque la plus représentée ici. »
Plus loin, une délégation a traversé la Suisse depuis la région de Mendrisio. Pas au rythme des vieilles mécaniques, cette fois : « On a pris trois camions, puis encore des pick-up avec des remorques », raconte l’un des Tessinois.
Car ici, pas question de condamner ces tracteurs à une existence de musée. Ils démarrent, roulent, labourent et paradent. Avec plusieurs tonnes de ferraille au milieu des visiteurs, quelques règles s’imposent néanmoins. « On doit être irréprochables », insiste Jérémy Progin. Les tracteurs circulent au pas et, dès 21h, plus question de tourner la clé. « On peut bouger à la tonnelle, mais les tracteurs, eux, ne bougent plus. »
Durant quatre jours, les plaques vaudoises, neuchâteloises, tessinoises, fribourgeoises ou alémaniques se sont ainsi côtoyées dans les champs du Jorat. Vingt ans après la dernière Nationale organisée en Suisse romande, et pour la première fois sous la responsabilité d’un club privé, Vucherens aura réussi son pari : Celui de rassembler les passionnés de vieilles mécaniques de toute la Suisse.



















