Vini, Viti … pas Vici
Nos vignerons ne manquent ni d’idées, ni de ressources. La période est certes à la morosité, mais les forçats de Lavaux ont des bras, et surtout un esprit, aussi noueux que leurs ceps.
Arrachage subventionné, culture alternative ou résistante, diversification des productions et œnotourisme, autant de pistes – et j’en oublie sans doute – qui démontrent l’ardeur et le goût du labeur qui caractérise ceux qui aiment avec réalisme ce terroir. Un sol parfois ingrat mais qui recèle des merveilles lorsque la formule est trouvée. Voyez les appellations : Calamin, Villette, Dézaley ou Saint-Saphorin, des sols et des ensoleillements différents et autant d’inventeurs de saveurs qui s’y ajoutent… la magie opère et s’y sublime.
La culture des potentiels offerts, vin, vue et vie, est dans le cœur de ces amoureux. C’est l’essence de cette région qui suscite tant de convoitise.
Mais avant de laisser Lavaux à de stériles promoteurs qui ont à nouveau ouvert leurs dossiers à la monoculture du métal, un rempart de nouvelles pousses éclot. Ce ne sera pas la première fois qu’il faudra sauver le soldat, mais cette fois, il faudra compter avec une génération de vignerons riants, affûtés et créatifs. Les idées fourmillent et se complètent face à une crise qui ne mobilise que trop peu les législateurs. Nombre de motions et de postulats déposés n’ont pas eu le suivi attendu à Berne… à bon entendeur salut.
Une démission face à une thématique qui ne se placarde pas en ces temps d’élection. L’affiche est au renouveau devant une législature passée qui a failli. Vraiment ? Les promesses n’ont de valeur que pour ceux qui les écoutent.
Sur le terrain, le renouveau est déjà là. Il coïncide avec un calendrier où la taille s’est terminée. La vigueur printanière n’accompagne pas que le tâcheron sur ses vignes en terrasse, le temps est revenu de se payer une visite sur le plus beau balcon du Léman.


