Un jour pas comme les autres…

Ana Cardinaux  |  Le jour se levait à peine quand A. se réveilla brusquement.

– Merde le réveil n’a pas sonné !

A. s’habille en vitesse, attrape ses affaires et descend les escaliers en courant. Il se sentait tout bizarre, il avait le sentiment que quelque chose ne tournait pas rond mais a mis cela sur le compte de son réveil brutal. Sur le chemin de son travail, A. a voulu s’arrêter au hypermarché pour s’acheter un cappuccino. Un bon café froid allait le réveiller à coup sûr.

Sur le trottoir, A. dévisse le gobelet, et lorsqu’il s’apprête à le diriger vers sa bouche un gamin venu de nulle part sur une planche à roulettes lui rentre dedans. A. perd l’équilibre et entraîne dans sa chute son cappuccino contre lui, la boisson glacée dégoulinant sur son beau pantalon blanc.

A. se relève en maudissant le malotru qui, bien entendu, n’a pas attendu pour s’excuser. Les dégâts étaient visibles de loin, les traces de café qui partaient depuis sa ceinture s’étendaient tels des petits ruisseaux de boue. Il fallait impérativement retourner se changer ou alors s’acheter un autre habit dans la première boutique sur sa route. Il a choisi la deuxième solution.

Arrivé pile à l’heure devant la porte de son employeur il trouve la porte fermée…

Etonné il utilise toutes ses forces pour tourner la poignée sans résultat, regarde autour de lui et s’aperçoit vite que quelques quidams s’arrêtaient et le fixaient bizarrement.

A. essaie de sourire en s’éloignant, il ne comprend plus rien. Il cherche son portable dans sa poche, puis dans les autres poches, sans succès, et c’est à ce moment-là qu’il se rappelle avoir jeté le pantalon dans la poubelle sans le vider de ses affaires.

– Hein, mais, le sort s’acharne contre moi ou bien je rêve encore, rouspète-t-il.

Il refait le même trajet en arrière, est tout fier de reconnaître la poubelle où il plonge la main droite dedans, certain de tomber directement sur son bien. Il ne ressort que des cannettes de bière. Il fouille frénétiquement la tête penchée dans le trou, il cause assez fort sans se soucier des passants:

– Ce n’est pas possible, mais quelle connerie, dire que je n’ai même plus mes clés!…

Deux policiers attirés par son comportement étrange se sont rapprochés, l’un des deux lui dit:

– Allez, décampez, allez finir votre cuite chez vous au lieu de faire le chien errant ?

A. se relève honteux, il n’essaie même pas d’expliquer quoi que ce soit, de toute façon les pandores se sont déjà détournés en rigolant.

A. se trouve vraiment démuni, il décide alors d’aller au bistrot qu’il fréquente souvent avec ses potes.

Installé au bar il demande un cappuccino tout en repensant à sa malchance.

Ses pensées ont vite été coupées par le grand sourire du patron:

– Dis, A., qu’est-ce qui t’a fait lever si tôt un samedi ?

– Quoi ? Aujourd’hui c’est samedi… mais voilà, tout s’explique, pourquoi le réveil n’a pas sonné ce matin…