Un chien et une maîtresse

Triste fait divers qui n’aurait dû durer que le temps de le lire si ce n’est pour le tragique décès de la maîtresse du berger malinois. Pourtant des questions restent ouvertes. Pour ce qu’il est des faits énoncés par la police cantonale, le service médico-légal ainsi que le ministère public, rien ne permet de crier au loup et de prendre position sur la dangerosité du chien en question, encore moins de lui imputer le décès. L’enquête précisant les circonstances exactes de la mort de la quadragénaire se poursuit. L’époux de la victime, ancien conducteur de chien d’une police vaudoise, éducateur canin agréé et dresseur depuis plusieurs années dans le parc même où s’est déroulé le tragique accident est anéanti. Il émet l’hypothèse d’un malaise possible de sa femme lors de la promenade quotidienne avec le berger malinois. Le chien aurait voulu la réveiller en la tirant par la manche. Les hématomes trouvés sur un bras de la victime pourraient confirmer cet état de fait. Il n’en reste pas moins qu’à ce stade de l’enquête aucune conclusion ne peut être tirée de manière indubitable. Un animal de compagnie, même dressé, reste potentiellement dangereux. Le rapport humain-chien est complexe, mais à l’heure actuelle les circonstances peu claires devraient profiter à l’accusé. Il y a deux victimes avérées. La troisième est le mari et il y en a une quatrième: nous et nos opinions irréfléchies. Cette tragédie n’est pas qu’un fait divers, c’est surtout l’occasion de nous exercer à la patience, l’analyse, la distance et la critique. Que ces deux disparus nous laissent au moins cela en héritage.