Son dilemme ? Se partager entre « sa vocation » et son existence !

Pierre Scheidegger  |  Il n’existe pas de club sportif, de société culturelle ou de village; il n’existe pas de clubs services, d’institutions sociales sans cette force étonnante que représente:

le bénévolat, les bénévoles !

Que ce soit pour une fête de village, l’organisation d’un festival ou de jeux olympiques, ils sont là, présents, heureux !

Dans le monde sportif, les bénévoles se comptent par millions, et le poids de leurs activités dans l’univers d’une certaine jeunesse… et de moins jeunes, est tout simplement sidérant.

Je pense que l’on peut même avancer qu’en certaines circonstances le bénévole se trouve aux prémices de l’apprentissage de comportements fondamentaux de la vie communautaire, la recherche du don de soi, la solidarité et pourquoi pas ce côté festif tant nécessaire à chacune et chacun.

Le bénévolat est un des éléments importants de nos sociétés, le monde sportif en a décelé très vite son importance, surtout depuis l’avènement des Jeux olympiques modernes.

S’il est vrai que le bénévole est souvent animé par une foi «en son sport», une volonté, une éthique qu’il met au bénéfice des autres, on peut se demander quelle est son aspiration profonde à se mettre à la disposition presque occulte de son club, d’une manifestation ?

Quel club sportif, à quelque niveau d’importance, n’a pas obligation de recourir au bénévolat ? Aucun !

Je n’irais pas jusqu’à penser que le bénévolat est une expression moderne de traditions presque rituelles, sociales pour ne pas dire mythiques qui pourraient se trouver en proches parents des constructeurs de cathédrales ou des chevaliers des croisades. Néanmoins, aucune analyse, si sérieuse soit-elle, ne pourrait contrer l’importance de cette forme de mécénat, tout occulte qu’elle soit !

Le monde sportif est-il capable de reconnaissance alors que, souvent, et il faut le reconnaître, tout ce que donne le bénévole au sport, soit à autrui, il le soustrait à sa famille, à sa réussite professionnelle, à ses amis ? Il en arrive même à étouffer ses propres ambitions au détriment du reste de son existence.

Que lui reste-t-il à la fin de son activité de bénévole ? Lui qui, généralement, vient du monde sportif, est aussi un homme ou une femme qui intervient dans la société sportive, et qui vit dans la société civile.

En retire-t-il des souvenirs, de la fierté d’avoir accompli une «mission» ? Ou tout simplement rien… à l’image de nos sociétés pour qui le sport est souvent géré à l’instar d’entreprises comptabilisant le bénévolat dans «pertes et profits».

Dans cette course à l’argent, à l’ascension sociale du sportif, soi-disant politiquement correcte, le bénévole ne nage-t-il pas à contre-courant, faisant partie d’un autre âge ? C’est une question !

Il est toujours intéressant d’observer certain public, son étonnement ou son indifférence, prenant parfois les bénévoles, tout particulièrement les «obscurs» qui travaillent sur le terrain, pour de doux rêveurs nécessaires à une organisation.

Néanmoins, et ne l’oublions pas, il n’y a pas «que» le bénévole de terrain. Combien de clubs dont le président, son comité, sont également souvent en activité de bénévolat avec toutes les responsabilités que cela implique. Responsabilité juridique, responsabilité financière, responsabilité de recherche de sponsors, soit des tâches quasi entrepreneuriales, ceci pour la recherche d’un équilibre à la respectabilité de son club. On leur demande d’être efficaces, compétents, entreprenants, même négociateurs !

Ils seront « jugés » sur leurs capacités… et les résultats sportifs du club, même si leur engagement est volontaire au profit de la collectivité.

Alors, cher public, chers spectateurs, que ce soit pour un match de ligue inférieure de quelque sport que ce soit, que vous ayez le plaisir d’assister à Athletissima ou au Marathon de Lausanne, sachez que sans ces «petites mains laborieuses», ces bénévoles, il n’y aurait plus de manifestation qui vous offre tant de plaisir.

De temps à autre, une salve d’applaudissements pour les remercier serait plus que fair-play, et représenterait une belle reconnaissance sportive.

Vous en serez remerciés… par leur sourire.