San Juan, l’autre Mecque du rink-hockey
Rencontré à Pully la veille de la Coupe des Nations de Montreux, Daniele Martinazzo, véritable légende du rink-hockey argentin, nous a parlé de ce sport dans son pays.


pour un match de rink-hockey
© Gobierno de San Juan
On dit de Montreux qu’elle est la Mecque du rink-hockey. C’est vrai parce que la Fédération internationale de ce sport y a été créée en 1924 et qu’aujourd’hui encore s’y dispute la Coupe des Nations, le plus important tournoi de la discipline hors championnat d’Europe et du Monde. Mais, si on laisse de côté le Portugal qui abrite le championnat professionnel le plus coté au monde et la Catalogne la plus grande densité de joueurs, il faut aller à San Juan, en Argentine pour comprendre la passion que ce sport est capable de déchaîner.
Daniele Martinazzo, 68 ans, légende vivante de la discipline, champion du monde avec l’Argentine en 1978, était de passage à Pully. Il fut le premier joueur de son pays à vivre du rink-hockey en Europe. Au Liceo de la Coruña, en Espagne, en début et fin de carrière et à Vercelli en Italie, avec plusieurs titres de champion national à la clé.
Il est difficile d’imaginer ce que représente le rink-hockey à San Juan. Les premiers clubs argentins ont été créés à Buenos Aires mais c’est à San Juan, dans l’ouest argentin, que le hockey sur patins à roulettes s’est véritablement implanté après-guerre. Cette ville de 130’000 habitants compte plus d’une quinzaine de clubs, dont Estudiantil, club d’origine de Martinazzo et dont il est aujourd’hui encore le vice-président.
A San Juan, le stade Aldo Cantoni peut réunir 8000 personnes pour un match de rink-hockey. Lors de la finale de 1978, on dit qu’il n’y eut pas loin de 10’000 spectateurs dans une ambiance indescriptible. Daniele y était avec son frère Raul.
San Juan reste le point névralgique du rink-hockey argentin. Notre interlocuteur souligne que la grande majorité des joueurs l’Albiceleste viennent de San Juan – preuve de l’extraordinaire vivier local. La formation y est exigeante, structurée par des écoles au sein de chaque club et un passage obligé par toutes les catégories d’âge, organisées par année. La passion collective pour ce sport s’incarne dans l’omniprésence du rink-hockey, vécu comme un véritable patrimoine local, où l’engagement reste avant tout amateur : un excellent joueur ne touche guère plus de 200 euros par mois.
La réputation technique des joueurs argentins, formés sur place puis perfectionnant leur palette tactique en Europe, poursuit Martinazzo, explique l’émergence d’authentiques champions. Autrefois, les meilleurs partaient à 22-24 ans ; désormais, c’est dès 17-18 ans que commence la conquête européenne. L’école de San Juan privilégie un jeu direct et un spectacle rythmé par des possessions de balles relativement courtes comme en Italie, à la différence d’une approche plus posée qu’on trouvera en Espagne ou au Portugal.
Résultat, l’Argentine a été championne du monde à cinq reprises depuis 1978, la dernière fois en 2022, à nouveau à San Juan. Elle a remporté les deux dernières Coupe des Nations de Montreux et fait figure de grande favorite pour les prochains championnats du monde.
Nouvelles du championnat suisse
Alors que Pully est en pause après avoir battu Wolfurt en playouts, la compétition pour le titre suit son cours avec les finales qui se disputent au meilleur des 5 matches. En Harvest National League – la division d’élite du championnat suisse – Diessbach, détenteur du trophée depuis 2023, recevait Biasca, vainqueur de la Coupe suisse en mars dernier. Les Bernois ont battu 3-2 des Tessinois qui auraient dû faire la décision en première période, mais se sont montrés trop maladroits face à des Seelandais plus roublards et expérimentés. A domicile lors du match retour, les Biaschesi seront toutefois favoris.
Notons qu’il y avait un Pulliéran sur la piste en la personne de Marc Stampfli. Avec son collègue Roland Eggimann, l’arbitre international du Pully RHC n’a pas eu grand-peine à « tenir » un match resté très correct malgré l’enjeu.
En playouts, Genève s’est incliné 4-3 à Wolfurt. Ce résultat serré démontre que les joueurs du bout du lac ont les moyens de se maintenir parmi l’élite. Du côté de la Ligue B, Montreux, après avoir patienté une mi-temps durant, s’est imposé 5-2 devant son public contre les Argoviens de Vordemwald. Les Vaudois restent les grands favoris pour la promotion.
Le 2e acte se jouera samedi 23 mai. Signalons encore que l’équipe de 1re ligue du Pully RHC jouera contre Genève, samedi 25 mai, à 20h30, à la salle Arnold-Reymond.



