Rink-Hockey – Marc Stampfli, l’arbitre heureux
Arbitre depuis plus de 15 ans, international depuis 3 ans, le Pulliéran Marc Stampfli était à Biasca pour siffler la finale du championnat suisse


Rencontré après le match, notre homme est ravi. La finale a été intense et d’un très bon niveau, mais toujours correcte. Marc Stamplfi a sifflé trois des quatre actes de cette série opposant Biasca à Diessbach et souligne que ce genre de rencontres est la raison pour laquelle il aime arbitrer. Même s’il fallait bien un vainqueur, en l’occurrence Biasca, l’ambiance après le coup de sifflet final a été d’une grande sportivité.
Le rink-hockey en Suisse est un petit monde où tout le monde se connaît depuis les catégories juniors. Notre arbitre mentionne l’exemple de Pascal Kissling, leader incontesté de Diessbach, qui a évolué en équipe nationale suisse avec plusieurs joueurs de l’équipe adverse, illustrant les liens d’amitié qui persistent malgré la compétition. Cette proximité entre les joueurs, qui ont souvent le même âge et s’affrontent depuis des années, crée une relation particulière sur le terrain.
Notre homme revient sur la finale de la Coupe entre Biasca et Wimmis, qu’il avait également arbitrée en mars dernier, notant que Wimmis proposait un jeu plus physique et intensif. Il a sifflé ce match avec Josh Schneider et dit sa satisfaction d’avoir pu diriger autant de rencontres importantes en phase finale. Cette fin de saison réussie compense un début d’année frustrant où les convocations pour des matches intéressants ont été peu fréquentes. On a même pu penser qu’il avait été oublié.
En rink-hockey, il n’y a pas de hiérarchie entre les deux arbitres engagés sur le terrain ; ils sont considérés comme égaux. La communication est constante grâce à des systèmes d’intercom, bien que le bruit ambiant dans la salle rende parfois les échanges difficiles. L’expérience joue un rôle crucial, les arbitres les plus chevronnés prenant naturellement le lead pour encadrer et aider leurs homologues moins expérimentés.
Lors des matches, les moments de tension sont souvent provoqués par les entraîneurs qui tentent de mettre la pression sur le corps arbitral. A l’image du coach de Biasca, très énervé lors de l’incident qui a vu Pablo Saez, meneur de jeu argentin du RC Biasca, chuter et se cogner la tête au sol. Après concertation, les arbitres ont maintenu qu’il n’y avait pas eu faute. Pour calmer les esprits et reprendre le contrôle du match, Roland Eggimann, l’autre arbitre du match, a dû montrer un carton jaune à l’entraîneur tessinois. Après, on a vu Saez assez rapidement reprendre le jeu.
Et la pression du public, comme ici à Biasca ? La réponse fuse : « J’adore ! Le bruit et le public me motivent. »
Pour se préparer, Marc Stamplfi visionne les rencontres récentes entre les deux équipes afin d’étudier leurs systèmes de jeu. Cette analyse permet d’anticiper les déplacements et de se positionner correctement sur la piste pour mieux voir les actions. Il examine également ses propres erreurs passées, comme les simulations de fautes auxquelles il aurait pu se laisser prendre, pour éviter de se faire piéger à nouveau.
La communication comme outil d’arbitrage
On l’a constaté durant le match, Marc, qui pratique aussi le rink-hockey, est un arbitre qui parle beaucoup aux joueurs, considérant qu’il s’agit de son meilleur outil pour apaiser les situations tendues sur le terrain. « Il y a une distinction claire entre discuter et expliquer : mon objectif est d’expliquer mes décisions basées sur ce que j’ai vu, sans entrer dans des débats sans fin. » Ce mode de faire est annoncé dès le briefing d’avant-match avec les entraîneurs et les délégués des équipes pour poser le cadre des échanges. Les interactions avec les acteurs doivent impérativement rester brèves pour être efficaces et ne pas ralentir le jeu.
« Permettre aux joueurs de s’exprimer ou de faire une remarque sur une faute adverse les aide à évacuer leur frustration », poursuit notre interlocuteur. Bien qu’il ait une jauge de tolérance plus élevée que la moyenne de ses collègues en Suisse, Marc Stampfli n’autorisera aucun débordement verbal ou comportemental.
L’arbitrage a beaucoup changé en quinze ans, passant d’une époque de « zéro interaction » où seul le capitaine pouvait parfois parler, à une ère de dialogue. Il cite l’exemple d’un de ses collègues, qui arbitrait déjà il y a longtemps et qui a su évoluer d’un style peu communicatif vers une approche beaucoup plus ouverte au dialogue. « Cette tendance commence à s’imposer dans le rink hockey, conclut Marc Stampfli, même si le groupe des arbitres suisses compte encore quelques profils très silencieux. »



