Rink-hockey – Deux Pulliérans sous le maillot suisse
A 40 ans, Guillaume Oberson aborde sa 7e compétition mondiale, seize ans après ses débuts en équipe nationale seniors. Aux World Sake Games du Paraguay, le gardien du Pully RHC retrouvera son coéquipier Jérémie Loye, 24 ans, dont ce sera le deuxième Mondial. Seuls Romands de la sélection, les deux amis évoquent cette aventure et leur passion.


Guillaume, sept Mondiaux, six Championnats d’Europe, huit Coupes des Nations : quel est ton secret ?
Guillaume : Je pense que c’est surtout la passion. Après ces années, j’ai toujours autant de plaisir à mettre les patins, à m’entraîner et à porter le maillot national. Avec les années, il faut travailler différemment, faire beaucoup plus attention à son corps et à la récupération. Tant que je peux apporter quelque chose à cette équipe et être performant, la motivation reste intacte. Je suis suis très fier de ces chiffres.
Que représente pour vous le fait de disputer ce Mondial ensemble ?
Jérémie Loye : Guillaume a toujours été une source d’inspiration, par son investissement, son niveau, tout ce qu’il a fait pour l’équipe nationale et pour qu’elle soit mieux gérée. Il est devenu l’un de mes potes depuis nos années à Montreux. Je suis fier de vivre cette expérience avec lui et de représenter le club de Pully à ses côtés.
Guillaume : Pour Jérémie, ça me fait particulièrement plaisir, au-delà du hockey. Je connais ses qualités et le travail qu’il a fait pour arriver là. Mais j’admire surtout la personne, sa façon d’être et son humilité. J’ai énormément de respect et d’affection pour lui. Vivre un Mondial ensemble aura une saveur particulière.
Quelles ambitions pour la Suisse ?
Guillaume : Nous avons récupéré une place parmi les huit meilleures nations mondiales et nous ne pouvions pas hériter d’un groupe plus compliqué, avec le Portugal, l’Italie et l’Espagne ! Mais c’est aussi magnifique : nous allons jouer contre ce qui se fait de mieux au monde. Nous savons d’où nous venons. Nous voulons être une équipe difficile à jouer. Nous n’avons rien à perdre et énormément à gagner.
Jérémie : Ca va être très très dur, on le sait bien. Surtout que, lors de notre préparation, il n’a pas été possible d’affronter de telles équipes pour consolider notre jeu défensif. Il y a une telle différence entre eux et nous, mais on va donner le maximum.
Quelles équipes ou quels joueurs ont vos préférences ?
Guillaume : Pour les équipes, l’Espagne, le Portugal et l’Argentine ont les qualités pour chercher le titre. Beaucoup de choses peuvent se jouer sur un match. Entre ces trois, il est difficile de désigner un vainqueur.
Jérémie : Pour les joueurs, Gonzalo Romero, côté argentin, met une intensité géniale dans le jeu. Il booste l’équipe et peut faire gagner un match en inscrivant un triplé. Pau Bargalló, de l’équipe d’Espagne, possède une technique et une vision du jeu qui peuvent changer un match à tout moment. Enfin, Roberto Di Benedetto, avec la France, peut faire la différence sur une action ou un dribble. Il est très offensif et assez complet.
Votre meilleur souvenir sous le maillot suisse ?
Guillaume : Le dernier Mondial à Novare en 2024 restera particulier. Ma famille avait fait le déplacement et jouer devant elle m’a beaucoup marqué. Quand tu as vécu autant de compétitions, tu te rends compte que les résultats et les matches sont importants, évidemment, mais les émotions que tu peux partager avec les personnes qui comptent pour toi restent longtemps.
Jérémie : San Juan en 2022. L’ambiance du Championnat du monde du groupe A dans une salle pleine à craquer était incroyable. Dans le Mondial B, où nous jouions, il n’y avait presque personne dans les tribunes. Mais tu ressens le rink-hockey partout dans cette ville. On dit qu’il y a 20 clubs de rink-hockey à San Juan. J’ai aussi beaucoup aimé l’état d’esprit des Sud-Américains, ouverts et très sympas. Nous nous sommes vraiment senti les bienvenus.
Dans le groupe de la mort
En plaçant la Suisse dans le groupe A de
l’Espagne (championne du monde), du Portugal (champion d’Europe) et de l’Italie (finaliste malheureuse de la dernière Coupe des Nations de Montreux), le sort ne lui a pas fait de cadeau. Le Groupe B est composé lui de l’Argentine, de la France, de l’Angola et du Chili. Les Helvètes devront serrer les dents dans le tour qualificatif pour affronter en poule de classement l’Angola et/ou le Chili (respectivement 6e et 9e des
derniers Mondiaux).
Matches de la Suisse (heures suisses) : Suisse – Portugal (12 oct, 01h du matin), Suisse – Italie (13 oct, 20h30), Espagne – Suisse (14 oct, 20h30). Tous les matches sont diffusés sur World Skate TV.


