Rink-hockey – Coupe d’Europe : Pully malmené mais grandi
Dans le vénérable Palazetto dello Sport et devant près de 1000 spectateurs, Pully a été battu par une très bonne équipe de Giovinazzo. Si les Vaudois n’ont pas démérité, il leur a manqué l’efficacité italienne.

Que ce serait-il passé si Pully avait marqué en début de match au lieu de trouver la barre et s’il avait transformé son pénalty ? Et surtout si l’un des deux arbitres de la partie n’avait pas sanctionné les Pulliérans pour une faute imaginaire ? Bien sûr, avec des si, « on met Bari en bouteille », toutefois, le match aurait sans doute pris une tournure bien différente.
On s’en souvient, il y a 15 jours, à Arnold-Reymond, Pully avait tenu très exactement 7 secondes contre Giovinazzo avant d’encaisser son premier but. Du coup, entraîneur et joueurs ont très soigneusement préparé leur entame de match. Avec succès, puisque les Rouges se sont montrés dangereux d’entrée de jeu. Le début de la rencontre a été très équilibré et Pully aurait pu plusieurs fois ouvrir la marque. On pense notamment à cette action de la 3e minute où David Garcia, un des meilleurs Pulliérans samedi, a forcé le passage dans la défense transalpine et trouvé Jérémie Loye seul devant le gardien Bovo. Ce dernier ne se laissera malheureusement pas abuser.
A la 9e minute, le Pulliéran Ricard Pintado, couché dans la surface de réparation, échoue à se faire justice lui-même. A la 13e minute, le score en était encore à 0-0, après que Pintado, encore lui, eût créé le danger devant l’excellent portier italien. A ce moment-là, même les commentateurs du lieu ne sont pas rassurés. « Giovinazzo joue bien devant, mais il doit se méfier d’un Pully qui a la qualité et la rapidité pour le mettre en danger », expliquent-ils au micro.
Dans la même minute, pourtant, à la suite d’une action de rupture, un joueur italien s’écrase derrière le but pulliéran, emportant la canne du très vigilant Guillaume Oberson. L’arbitre le plus proche de l’action fait signe de jouer tandis que son collègue placé en milieu de piste considère qu’il y a faute et inflige un carton bleu synonyme d’expulsion à Oberson. Pour Pully, la sanction est d’autant plus rude qu’elle est injustifiée. L’arbitre viendra d’ailleurs s’en excuser en fin de match. Maxime Duflon doit dès lors prendre sa place dans les goals sans y être vraiment préparé et les Pulliérans sont contraints à jouer en infériorité numérique pour deux minutes.
Face à une formation aussi madrée que Giovinazzo, cela ne pardonne pas. Après 120 secondes, la marque est passée à 2-0 sans que l’on puisse vraiment en blâmer les hommes de Mateo de Ramon. Clavel et Mura, joueurs argentins de leur état, sont passés par là. Et le même Mura réalisera la passe de trois quelques instants plus tard suite à une mauvaise passe.
En fin de première de mi-temps, Pully allait hériter de deux occasions sérieuses de réduire la marque. Tout d’abord lors d’un pénalty de Loye qui trouvera une nouvelle fois Bovo sur sa route et au cours d’une période de supériorité numérique consécutive à une pénalité infligée à Monticelli qui n’aboutira pas.
La pause survient sur le score de 3-0. Dans les vestiaires, les sentiments sont partagés. La marque est sévère, pour les raisons expliquées ci-dessus, sans que les Rouges n’aient démérité. Ils restent au contact et ne baissent pas les bras.
Giovinazzo prend le large
En deuxième mi-temps, toutefois, le capitaine Amato marque le 4e pour Giovinazzo d’un coup de canne en revers totalement improbable propulsant la balle par-dessus l’épaule d’Oberson. Sur le 5e goal, Maturano transformera un pénalty généreusement accordé. A trois minutes du coup de sifflet final, Monticelli scelle le résultat à 6-0 au terme d’un contre parfaitement mené, dont Pully devrait s’inspirer.
Le score est trop sévère pour les hommes à la grappe de raisin qui ont livré une prestation de qualité face à un adversaire aguerri et en pleine confiance. Si le très dangereux Xavi Cardoso a été laissé au repos pour cause de suspicion de blessure, l’Argentin Martin Maturano, fraîchement arrivé, a endossé le rôle de meneur de jeu. Mais c’est une nouvelle fois son compatriote Federico Mura qui a impressionné par son abattage et ses qualités techniques. Auteur de quatre buts à Pully, il a à nouveau marqué deux fois devant son public. De son côté, Pully a payé cher, outre les décisions arbitrales, son manque d’efficacité à la finition. Balles arrêtés et actions de rupture sont restées inabouties.
Pour les Pulliérans, la belle aventure européenne s’achève. Tout l’enjeu est désormais de se concentrer sur le championnat suisse en élevant son niveau face à des équipes bien moins fortes que Giovinazzo. Mateo de Ramon et ses gars sont attendus ce samedi, à 19h, à Uttigen par un adversaire qui vient de battre Wimmis sur le score de 4-1. Le match est important pour ne pas rester scotché sous la barre. Ce d’autant plus que la lanterne rouge genevoise s’est offert le luxe de piquer un point au leader Diessbach.




