Ring-hockey – Coupe des Nations : un Pulliéran parmi le gratin mondial
Gardien du Pully RHC, Guillaume Oberson dispute durant cette semaine sa 8e Coupe des nations de rink-hockey. Capitaine de l’équipe suisse, il fera face aux meilleurs joueurs du monde.

La Coupe des Nations c’est, pour les rink-hockeyeurs, l’équivalent du défunt Montreux Volley Masters, un tournoi incontournable réunissant, sur la Riviera, les meilleures nations du monde dans leur discipline. D’ailleurs, la compétition de volley féminin portait le nom de Coupe des nations à l’origine. La comparaison s’arrête là. Créé en 1984 et se déroulant sur un rythme annuel, le Montreux Volley Masters a disparu après sa 34e édition, tué, notamment, par les contraintes du calendrier international. Née en 1921, la Coupe des nations de rink-hockey, elle, existe toujours sur un rythme bisannuel et se dispute jusqu’à dimanche à la salle du Pierrier de Clarens.
La compétition réunit cette année encore les six meilleures équipes du monde que sont l’Espagne (championne du monde en titre), le Portugal (champion d’Europe), l’Argentine (vice-championne du monde et détentrice du trophée montreusien), ainsi que la France, l’Italie et l’Angola (respectivement classés 4e, 5e et 6e des derniers championnats du monde). A leurs côtés, l’équipe suisse et celle – renforcée – du club organisateur, le Montreux HC.
Au sein de la Nati, un seul romand, vétéran et capitaine du groupe : Guillaume Oberson. A 39 ans, le gardien du Pully RHC disputera ainsi sa 8e Coupe des nations. Un honneur mais aussi une récompense pour un joueur qui a mis toute son énergie au service d’une discipline qui reste quasi-exclusivement amateur en Suisse. « Je suis fier de laisser une trace dans un sport qui est ma passion », nous dit-il, retraçant une carrière internationale qui a commencé en 2010 chez les seniors par les championnats d’Europe de Wuppertal, en Allemagne. Cette année-là, la Suisse avait battu la France sur le score 8-0. Depuis, le rink-hockey français a décollé, ses meilleurs éléments sont professionnels au Portugal. Rien de tel pour la Suisse dont aucun joueur n’évolue à l’étranger, même si certains en auraient sans doute le potentiel, à l’image du Seelandais Yanic Dysli.
Esprit de revanche
Dans ces conditions, la Suisse ne pourra pas jouer les premiers rôles dans le tournoi montreusien. « Le niveau de jeu est à chaque édition plus élevé. Je vois le Portugal très fort avec le retour de João Rodrigues », explique Oberson. La défaite 5-2 encaissée en finale il y a deux ans contre l’Argentine a fait mal et il y a de la revanche dans l’air. Mais les Sud-Américains sont venus en force : « Avec un gardien, Conti Acevedo, qui est pour moi le meilleur du monde. Il l’est depuis peu de temps, mais il va le rester pour très longtemps ».
Coach de la Nati, Xavier Bataller a réuni peu ou prou les meilleurs joueurs du championnat national, ce qui n’a pas toujours été le cas par le passé. Le Pulliéran Jérémie Loye aurait aussi pu être présent à Montreux, mais il a dû se résoudre à déclarer forfait pour cause de blessure. Côté gardiens, Guillaume Oberson n’aura plus à ses côté son compère JP Vizio qui a mis un terme à sa carrière internationale et a été remplacé par les jeunes Joël Iseli de Wimmis et Jannis Zaugg d’Uttigen. « On va subir une pression d’enfer, poursuit Oberson. Je vais essayer de mettre mon expérience au service de l’équipe. Avec l’âge, je joue différemment et je peux absorber un peu de la tension du groupe. »
Pour tous les participants au tournoi montreusien, la Coupe des Nations est aussi l’occasion de préparer les prochains World Games qui se dérouleront en octobre à Asuncion, au Paraguay. Et le Pulliéran compte bien être du voyage pour y boucler son parcours international.
Français à la recherche d’un titre
Pour en revenir au tournoi montreusien et compte tenu des sélections annoncées, le Portugal et l’Argentine, finalistes il y a deux ans, font figure de favoris. L’Espagne, forte de son titre mondial, se tient en embuscade. Elle devra en tout cas faire mieux qu’il y a deux ans où elle avait terminé à une très décevante 5e place. Et il y a la France qui, depuis quelques années, tutoie les plus grands – en témoigne sa deuxième place aux Européens de 2025 – mais sans avoir jamais remporté de titre majeur. « Avec Roberto di Benedetto, elle a un des meilleurs joueurs du monde qui a marqué 300 buts dans le championnat portugais », explique Oberson. Pour les tricolores, il est grand temps, car la génération dorée des trois frères di Benedetto et consorts n’est pas éternelle. Enfin, les Italiens, autres gros bras du rink-hockey mondial, arrivent sur la Riviera avec une sélection rajeunie, sans ses piliers Cocco ou Gavioli. Quant à l’Angola et au Montreux HC renforcé, ils devront batailler dur pour tenir le choc.
Si Guillaume Oberson devait désigner sa sélection des meilleurs joueurs du tournoi, quelle serait-elle ? « Le gardien argentin Conti Acevedo bien sûr et son compatriote Danilo Rampula, les Portugais Joao Rodrigues et Ze Miranda, ainsi que les Français Roberto et Carlo di Benedetto ». Une bien belle brochette de stars du rink-hockey qui, on le relèvera, jouent tous dans le championnat portugais, le meilleur du monde et, financièrement, le mieux doté.
Coupe des Nations de rink-hockey
Salle du Pierrier à Clarens, jusqu’au 5 avril
Jeudi 2 avril : Argentine – Angola (15h), Suisse – Espagne (17h), Italie – Montreux HC (19h30), Portugal – France (21h30).
Vendredi 3 avril : Montreux HC – Angola (15h), France – Suisse (17h), Italie – Argentine (19h), Espagne – Portugal (21h). Samedi 4 avril : match de classement (14h et 16h30) et demi-finales (19h et 21h30). Dimanche 5 avril : match pour la 7e place (14h), match pour la 5e place (16h30), match pour la 3e place (19h30), Finale (21h)
Tous les jours de 9h à 13h : tournoi juniors U17.
Billetterie : coupe-des-nations.com


