Réflexions sur la stratégie énergétique 2050

La stratégie énergétique 2050 sur laquelle nous sommes amenés à nous prononcer le dimanche 21 mai nous permettra, une nouvelle fois, de mettre à plat, de questionner et de réfléchir profondément sur le futur de notre pays.
Car il ne suffit pas de vouloir sortir du nucléaire; encore faut-il savoir comment, avec quelles perspectives.
Il ne suffit pas de vouloir verdir nos habitudes, verdir notre économie, verdir nos moyens de production d’énergies. Encore faut-il savoir y parvenir avec intelligence, en questionnant la réalité telle qu’elle se présente à nous.
Aujourd’hui, la Suisse est dépendante des centrales nucléaires. C’est un fait! Mais il nous incombe de prouver qu’elle ne sera pas notre seul recours demain. Demain, à l’heure du solaire, à l’heure du bois, de la biomasse, ou encore de la géothermie.
La Suisse n’est pas un pays qui apprécie les changements radicaux, les ouragans réformateurs, alarmistes ou radicaux de notre politique. La Suisse agit avec prudence et avec réfléxivité. C’est notre système qui le veut et c’est par lui que nous mènerons notre politique énergétique vers le droit chemin d’ici à 2050.
Ainsi, en 2050, je le crois fermement : nous pourrons nous séparer du nucléaire, ce n’est pas le moteur de notre avenir. Je crois aux énergies renouvelables qui peuvent voir le jour dès aujourd’hui sur notre territoire. Je crois au solaire, je crois à la biomasse, je crois au changement.
Mais laissez-moi exprimer quelques doutes aussi. Toutes les énergies renouvelables ne sont pas à mettre au crédit de l’évolution, du progrès. Certaines, bien qu’utiles à certains égards, ne me semblent pas optimales pour notre paysage. C’est le cas de l’éolien industriel.
Les parcs éoliens, bien que nous admettrons qu’ils fonctionnent à la seule force du vent, ont aussi leur part de défauts.
D’abord, la force de éole n’est pas constante. Tout comme le vent ne se commande pas, il semble illusoire de remplacer le nucléaire par la puissance compensatoire de mille éoliennes. L’éolien ne fonctionne pas toujours par lui-même, il est souvent dépendant d’autres sources d’énergies, c’est ce qui le rend plus vulnérable vis-à-vis du photovoltaïque et de la géothermie.
Autre problème : un parc éolien efficace est coûteux et prend énormément de place et l’investissement n’apparaît pas rentable. Pour nos agriculteurs, la présence de l’éolien n’est pas toujours apprécié, voir rejeté. Ne faisons pas de l’argument spatial un argument relatif. Je le demande.
De plus, ne pensons pas que l’éolien est l’antipode parfait au nucléaire. La terre est riche de ressources naturelles, de fonte d’énergie qu’elle peut permettre la production d’énergies renouvelables de diverses manières comme la biomasse ou la géothermie. Sans compter les énergies extérieures qui nous proviennent de notre univers: comme le soleil.
Un dernier argument contre les énergies éoliennes: elles ne sont visuellement pas esthétiques. Reconnaissons-le! Il y a d’autres alternatives à l’abattement de notre paysage rural en Suisse. J’en suis convaincu.

Manuel Lisboa
Président du PDC Pully Lavaux Oron et Fondateur du point Orange