Pully Football I – Yverdon Sport II : un scénario fou, huit buts et des émotions jusqu’au bout
Choc au sommet en deuxième ligue inter entre les Pulliérans (3e) et les Yverdonnois (2e) et le spectacle a été total. Huit buts, des retournements de situation et une égalisation au bout du suspense : Pully et Yverdon se quittent sur un incroyable 4-4.Pully frappe le premier. Juste avant la pause, Massimo Comisetti surgit sur corner et ouvre le score de la tête. Au retour des vestiaires, Nicolas Bogeski double la mise et lance idéalement les siens.
Yverdon réagit, à peine entré en jeu, Shayn Djelloul Chekalil réduit l’écart. Mais Pully répond immédiatement. Samuel Baumann inscrit un superbe but et redonne deux longueurs d’avance aux locaux (3-1). Mais tout bacule, en l’espace de quelques minutes, Yann-Aimé Kasai puis Noa Diego Vazquez ramènent Yverdon à hauteur (3-3). Portés par leur élan, les visiteurs prennent même l’avantage grâce à un doublé de l’inévitable Chekalil (3-4). Dans le temps additionnel (93e), sur corner, Massimo Comisetti surgit encore et arrache l’égalisation. Un doublé salvateur pour conclure un match complètement fou. Score final : 4-4.
Jordi Peracaula, entraîneur du Pully Football, a accepté de nous livrer ses impressions sur ce match et sur la fin de saison à venir.
Le Courrier : Comment analyses-tu votre match nul 4-4 ?
Jordi Peracaula : C’était un match très intense, entre deux équipes qui ont assumé leurs idées. On savait qu’Yverdon avait beaucoup de qualités, notamment sur le plan athlétique et offensif, mais nous avons aussi exprimé les nôtres, avec beaucoup de courage et d’ambition. Pour le public, c’était un match incroyable. Pour un entraîneur, évidemment, encaisser quatre buts laisse toujours des choses à corriger. Mais en marquer quatre à cette équipe confirme aussi notre force offensive et explique pourquoi nous sommes actuellement la meilleure attaque du groupe. Je retiens surtout la capacité de l’équipe à rester vivante, à continuer d’y croire et à aller chercher quelque chose dans un match très exigeant.
Finalement vous égalisez à la fin et vous poussez, qu’est-ce qui vous a manqué ?
Au premier tour, Yverdon nous avait posé beaucoup de problèmes sur le plan athlétique. C’est probablement l’une des équipes les plus fortes du groupe dans ce domaine. Cette fois, on a, non seulement réussi à revenir, mais on a aussi fini très fort. Pour moi, c’est un vrai signe de progression.
Depuis plusieurs mois, avec le staff, nous avons fait évoluer notre manière de travailler : plus de précision dans la préparation, dans les contenus d’entraînement, dans le lien entre le physique, le jeu et les besoins réels du match. Les joueurs adhèrent énormément, et on commence à en voir les effets. Ce qui nous a manqué, c’est un peu plus de maîtrise dans deux ou trois moments clés. Notre gardien a fait un grand match, mais collectivement, on aurait pu mieux le protéger sur certaines situations.
On vous sent plus confiants dans ce deuxième tour, comment l’expliques-tu ?
Je pense que la confiance vient surtout du travail. Depuis le début du deuxième tour, on sent une équipe qui progresse individuellement et collectivement, et qui prend du plaisir à avancer ensemble. Personnellement, j’ai la chance de suivre actuellement la formation du diplôme A UEFA. C’est une formation très exigeante, qui m’amène à questionner beaucoup de choses, à optimiser notre méthodologie et à être plus précis dans le lien entre l’entraînement, le modèle de jeu et le développement des joueurs.
Mais le plus important, c’est que les joueurs et le staff ont adhéré à cette évolution. Avec presque le même groupe, on voit des joueurs passer des paliers. C’est très gratifiant, parce que ce travail se traduit concrètement sur le terrain : les joueurs progressent, le collectif grandit, et l’équipe affirme de plus en plus sa personnalité. Voir cette évolution, c’est un vrai plaisir.
Comment abordez-vous le match contre US Azzurri, leader ?
On va l’aborder avec beaucoup de respect, parce qu’US Azzurri est le leader incontesté et possède un effectif de grande qualité. Aller jouer chez eux, c’est un vrai défi. Mais c’est aussi exactement le type de match que les joueurs méritent de vivre. Ils travaillent bien, ils progressent, ils ont gagné le droit d’aborder ce rendez-vous avec ambition. On veut y aller avec plaisir, mais surtout avec personnalité, en restant fidèles à ce qu’on construit depuis plusieurs mois.
Texte et photo Jérôme Marendaz






