Pully – 3,6 millions pour moderniser l’avenue de Lavaux
Conseil communal du 1er avril

Après le refus d’un projet de près de 50 millions il y a deux ans, la Municipalité revient avec une version ciblée et « mieux » maîtrisée financièrement. Entre impératifs de sécurité, exigences légales et choix de mobilité, le nouveau préavis a toutefois donné lieu à un long débat sur la mobilité, l’accessibilité et la vision à donner à cet axe stratégique.
La Municipalité est revenue avec une copie resserrée. Exit les lourds travaux souterrains présentés fin 2024 : le préavis actuel se concentre en surface avec l’objectif d’améliorer la sécurité, fluidifier les déplacements, adapter certains arrêts de bus aux normes et requalifier la place de la Clergère. En commission, il a été rappelé que ce dossier traîne depuis 2015 et qu’un report ferait courir le risque de perdre le soutien cantonal et fédéral estimé à environ 35 % des montants éligibles, soit plus d’un million de francs.
L’entrée en matière a d’abord été contestée. Une partie de l’hémicycle a estimé que le préavis mélangeait des objets de nature différente : d’un côté, des mesures relevant d’obligations légales, notamment l’accessibilité des arrêts de bus avec leur adaptation à la LHand (Loi fédérale sur l’élimination des inégalités frappant les personnes handicapées), de l’autre, des choix politiques sur l’organisation de la mobilité et les traversées piétonnes. Pour ces élus, il serait nécessaire de scinder le projet afin de laisser à la prochaine législature le soin de trancher les questions plus sensibles.
Une approche qui n’a pas convaincu la majorité. Plusieurs interventions ont insisté sur le fait que, dans un aménagement routier, tout est lié : « Sécurité, flux, trottoirs, arrêts de bus, traversées, marquages, éclairage ou encore accès pour les personnes à mobilité réduite », précise Marc Zolliker. Le municipal en charge des travaux et des services industriels a rappelé que le projet répondait précisément à la demande du Conseil de revenir rapidement avec une version plus légère et moins coûteuse.
Deux visions s’opposent sur et sous la route
En plénum, les prises de paroles se sont surtout concentrées autour des passages piétons en surface et de la déclivité des passages sous voies. Plusieurs conseillers ont défendu leur nécessité, en particulier aux abords des écoles et de la place de la Clergère. Des élus ont aussi rappelé par des exemples précis, le retard de Pully en matière d’accessibilité, en soulignant les difficultés rencontrées par les personnes en fauteuil roulant.
Les opposants ont, eux, mis en garde contre une multiplication de traversées susceptibles, de ralentir excessivement le trafic sur un axe structurant, voire d’en reporter une partie dans les quartiers voisins par effet « d’évitement ».
Un amendement demandant de réduire de 496’000 francs le projet a été rejeté, tandis qu’au vote final, le préavis a été accepté par 48 oui, 22 non et 9 abstentions.
Le déploiement des compteurs intelligents continue
Autre préavis, celui d’un crédit de 3,44 millions de francs pour financer la deuxième phase du déploiement des compteurs électriques intelligents. Cette mesure répond aux exigences fédérales liées à la stratégie énergétique et à la législation sur l’approvisionnement en électricité, qui impose le remplacement des anciens appareils avec des compteurs qui enregistre et transmet automatiquement les données de consommation aux fournisseurs d’électricité d’ici fin 2027. Le préavis a été accepté par 58 oui, 13 non et 6 abstentions.
Accueil de jour : le Conseil veut explorer d’autres pistes
Les élus ont décidé de renvoyer à la Municipalité, pour étude et rapport, le postulat « Pour une refonte durable de l’accueil de jour à Pully ». Soutenu en commission, le texte part d’un constat clair : La demande ne cesse d’augmenter alors que l’offre reste insuffisante. Aujourd’hui, la ville consacre près de 6 millions de francs par an à ce domaine, tandis que 330 enfants sont encore en attente d’une place en crèche.
Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment une meilleure articulation entre école et parascolaire, la construction de structures pensées dès l’origine comme des crèches ou encore une révision de la gouvernance actuelle. Les auteurs ont insisté sur le fait que le postulat n’impose aucune solution, mais demande à la Municipalité d’examiner des modèles existants et de revenir avec des propositions concrètes.
Certains élus ont estimé que ces réflexions faisaient doublon avec des travaux déjà en cours. La majorité a toutefois soutenu la démarche. Le renvoi a été accepté par 51 oui, 23 non et 5 abstentions.


