Palézieux-Gare – On prend La Clé des Champs en enracinant son quartier
Le chantier du nouveau quartier de La Clé des Champs, situé entre la gare et la forêt en direction du canton de Fribourg, démarrera officiellement le 1er juin. Un point info s’est tenu jeudi 21 mai à l’arrêt de bus provisoire, en présence des autorités communales et des responsables du chantier. Explications.
Il s’agit d’un, voir DU projet urbanistique le plus ambitieux de la commune d’Oron. A terme, une trentaine de bâtiments sortiront de terre sur ce terrain à Palézieux-Gare, pour offrir quelque 500 logements répartis en deux étapes, comprenant des surfaces commerciales, une maison de santé, un EMS et des espaces publics piétonnisés. Un dossier dans les cartons depuis 2005.
Avant de pouvoir démarrer le chantier, l’arrêt de bus scolaire situé dans le périmètre de construction a dû être déplacé et se situe désormais à proximité du rond-point entre le chemin de l’Orée des Bois et la route de Bossonnens. La parcelle communale attenante, clôturée d’un grillage, offre aux enfants des environs un espace pour jouer au foot ou chercher des vers de terre. Une installation temporaire, le temps de la première étape, même si Olivier Sonnay sourit : « Tous ne voyaient pas ce projet d’un bon œil, mais cette installation provisoire pourrait finalement être appréciée des habitants du quartier. »
Archéologie et décrotteurs, les coulisses du chantier
Avant tout terrassement, une soixantaine de carottages ont été réalisés sur l’ensemble de la parcelle. Une procédure obligatoire imposée par le canton pour détecter d’éventuelles découvertes archéologiques. Résultat : rien. « Pas de nouvelle, bonne nouvelle », souffle le syndic Olivier Sonnay. A savoir que si des vestiges avaient été mis au jour, le chantier aurait pu être retardé de plusieurs mois.
Le vrai coup d’envoi est donc fixé au 1er juin, avec le début du terrassement. L’ampleur des travaux est considérable : selon une estimation, près de 70’000 m³ de terre seront manipulés. « Afin de limiter le déplacement inutile de terre végétale, une partie sera stockée sur place pour être utilisée durant la deuxième étape du quartier », explique Paulo Brandão, directeur développement chez Halter AG, entreprise en charge du projet. S’il est encore un peu tôt pour certifier la quantité exacte à évacuer, on parle d’approximativement 50’000 m³, soit quelque 3300 rotations de camions.
Pour limiter l’impact sur les riverains, les camions passeront sur un système de décrotteurs en sortie de chantier. « Un bac et un jet d’eau qui nettoient les roues avant de rejoindre la route ». Les travaux se dérouleront dans les heures légales, de 7h à 17h ou 18h selon la saison. La Municipalité entend contrôler les va-et-vient des véhicules : « En cas de vitesse ou de comportement inadapté des chauffeurs, des mesures et sanctions pourront être prises et le chantier bloqué temporairement », prévient Olivier Sonnay, soucieux de préserver autant que possible la qualité de vie des actuels habitants du quartier, dont certains y vivent depuis de très nombreuses années.
Un quartier sans voiture, avec de la vie
La première étape comptera 274 logements, mélangeant locatif et propriété par étages. Côté locatif, 120 appartements ont déjà été cédés à des investisseurs. Du côté des ventes, 47 des 50 premiers appartements mis sur le marché sont déjà réservés. « Ça marche très bien », se réjouit Paulo Brandão. Les livraisons sont attendues pour 2028.
Le quartier ne sera pas uniquement résidentiel, puisqu’une maison de santé de 1200 m², un EMS, un accueil pour la petite enfance et une pharmacie sont prévus, sans oublier une épicerie, qui est, elle, encore en discussion. Pas de voiture en surface : le projet affiche un label SNBS, avec 100 % de cases vélo et deux véhicules Mobility à disposition des habitants. Pour Paulo Brandão, le défi principal n’est pas technique : « La grande difficulté, c’est de faire comprendre aux gens un quartier de cette taille. Les riverains vivent avec ce projet depuis 2005. Voir les machines arriver, c’est une autre réalité ». Une réalité de béton et de grues, qui devrait laisser place, d’ici 2028, à un écoquartier pensé pour s’inscrire durablement dans le paysage de Palézieux-Gare.






