Oron – Double inauguration pour le bien-être et la sécurité

Plan PDDE pour la distribution d’eau et nouvelle caserne Oron-Jorat

Gil. Colliard | Un nouveau réservoir d’eau potable et une caserne des pompiers aux dernières normes pour les Oronais. Samedi 18 septembre, les couleurs d’Oron flottaient allègrement dans le bleu du ciel à l’occasion de l’inauguration officielle de deux ouvrages d’importance pour le développement de la commune, le bien-être et la sécurité de sa population. Sur le coup de 10h, les invités se sont assemblés à Oron-le-Châtel sur le site du nouveau réservoir d’eau potable des Clos, avant de se retrouver à Oron-la-Ville, un peu plus tard pour la seconde inauguration officielle, la caserne SDIS Oron-Jorat.

Alexandre Nicolet, Thierry Menétrey, Marc Platel, Philippe Modoux, Daniel Flotron et Danielle Richard coupant le ruban

Un nouveau réservoir de 1800 m3 à Oron-le-Châtel

Le 17 septembre 2019, soit il y a tout juste 24 mois, le premier coup de pioche a été donné pour la construction du réservoir des Clos, pièce maîtresse de la première étape de la réalisation du PDDE (plan directeur de la distribution de l’eau), rassemblant les eaux d’Oron-la-Ville et assurant l’échange avec le réservoir de Chesalles s/Oron, Saint-Martin et de l’AVGG (Association régionale Veveyse-Glâne-Gruyère). Cet ouvrage doté de 2 cuves indépendantes de 900m3 chacune replacera les réservoirs de l’Erberey et d’Oron-la-Ville respectivement de 200m3 et 400m3, assurant la distribution de l’eau potable et la réserve incendie. Une impressionnante « autoroute » de tuyaux passant sous les voies CFF assure l’alimentation d’Oron-la-Ville et le drainage des eaux claires. Le premier projet, prévoyant un réservoir semi-enterré, devisé à Fr. 2’947’000.- adopté le 20 juin 2016 par le Conseil communal, a été modifié en ouvrage totalement enterré engendrant un supplément de crédit de Fr. 1’147’700.-, couvrant également diverses plus-values, plébiscité par le législatif le 7 décembre 2020. « Les vannes célestes copieusement ouvertes et les directives découlant de la Covid ont ralenti les travaux, initiés par Frédéric Isoz, mon prédécesseur à la tête du dicastère des eaux. Mais les entreprises ont fait preuve de compétence et ont assuré la sécurité. Avec ce réservoir, nous entrons dans un changement de dimensions. Aujourd’hui, nous travaillons sur des solutions pour éliminer le chlorothalonil et ses métabolites, mais nous allons certainement découvrir d’autres substances toxiques et des solutions techniques (filtres, etc.) seront bientôt mise sur le marché pour équiper nos ouvrages. Le défi du futur consistera à protéger les zones en amont de nos bassins versant en supprimant toutes les activités qui y amènent des produits polluant les eaux souterraines » commente Christian Bays, passant la parole à Arnaud Wiesmann, ingénieur et responsable de la direction des travaux.

Le réservoir des Clos en quelques chiffres

Ce dernier, en guise de discours souligna quelques chiffres et comparaisons : 1800 m3 c’est aussi, 200’000 packs de 6×1,5 litres, la contenance de 12’000 baignoires, des ¾ d’une piscine olympique, de 1/125e d’un pétrolier. Le terrassement a représenté 9900 m3 soit l’équivalent de 825 camions de 5 essieux. 1000 m3 de béton ont été nécessaires à la construction de même que 9 tonnes d’acier inoxydable et 140 m2 de carrelage. 26 entreprises ont été impliquées. « Je relèverai que ce fut une expérience inoubliable. Je remercie les entrepreneurs, la Municipalité et les citoyens » conclut-il.

Une étape importante dans le sens de l’autonomie communale

Clôturant cette première partie officielle, Philippe Modoux rappela que cet ouvrage était déjà en discussion avant la fusion d’Oron qui a permis de finaliser le dessin des trois grandes étapes du PPDE. « Nous avons fait un pas important dans la volonté d’autonomie en ressources d’eau. Ce nouveau réservoir répond à la demande de la population grandissante mais exige un redimensionnement du réseau et a assuré des insomnies aux deux municipaux. Je les remercie pour leur gestion ainsi que tous les partenaires et confie le réseau à notre jeune fontainier, Arnaud Goumaz. Avoir une eau de qualité en tout temps est un luxe. Prenez en soin » souligna le syndic d’Oron avant de remettre un tableau souvenir à Christian Bays et de proposer à l’assemblée de se rendre sur la plateforme intérieure.

Remise du tableau à Christian Bays par Philippe Modoux

La caserne centre névralgique des sapeurs-pompiers

Se déplaçant sur le site de la nouvelle caserne SDIS Oron-Jorat, à Oron-la-Ville, les invités furent accueillis par la fanfare l’Harmonie d’Oron et salués par Danielle Richard, municipale du service du feu et présidente du CoDir du SDIS Oron-Jorat qui exprima sa satisfaction, alors que sa fonction touche à sa fin, d’offrir un outil répondant aux besoins des sapeurs. Un sentiment du devoir accompli. Le major Marc Platel s’attacha à relater l’histoire de l’évolution du monde des sapeurs-pompiers de la région débutant en 1996, sous l’impulsion de passionnés en collaboration avec l’ECA, qui créèrent le 24e et dernier centre de renfort dans le canton de Vaud jusqu’à ce jour. « Bien que nous exploitons ce bâtiment depuis décembre dernier, nous sommes particulièrement fiers aujourd’hui de pouvoir officiellement et devant cette assemblée recevoir cet ouvrage élaboré par le bureau d’architecture Sylvain Carera, également BAMO (assistance au maître d’ouvrage), pour la phase de réalisation et Patrick Vallat, BAMO pour la partie étude, ainsi que l’entreprise totale Guillet Constructions Générales SA » se réjouit le commandant des pompiers, remerciant toutes les personnes impliquées dans ce projet ainsi que l’ECA qui le subventionne. Ce fut au tour du major Alexandre Nicolet de souligner l’importance de ces deux ouvrages inaugurés ce jour pour le développement de la région « J’ai été impressionné par tous les détails pensés lors des nombreuses séances pour l’aboutissement de cet outil performant qui peut faire quelques jaloux. La caserne est le centre névralgique, stratégique, administratif et un lieu de vie qui maintient l’amitié si chère aux sapeurs. Je remercie l’esprit responsable de la commune pour son investissement. L’ECA est heureux d’apporter sa contribution et j’espère ce que bel outil encouragera de nouvelles vocations » souligna l’inspecteur de l’ECA.

Remise symbolique des clés de la caserne

Philippe Modoux, qui fut commandant du feu dans les années 1980, rappela le temps où le corps des pompiers devait faire appel aux agriculteurs pour amener la motopompe à moteur sur un sinistre avant l’achat de la première Land Rover en 1983. En 1990, un premier local en bois fut démoli et reconstruit. En 2002, la première halle fut bâtie pour le montant de Fr. 300’000.-. Vingt ans plus tard, la naissance du SDIS Oron-Jorat exigeait de trouver une solution adaptée et rationnelle. « Les délais ont été tenus, malgré la pandémie ainsi que le budget devisé à 4 millions pour les locaux, subventionnés par l’ECA et à un million pour l’extérieur. Le bâtiment est équipé de panneaux solaires et d’un chauffage à plaquette de la région. Je tiens à remercier Marc Platel, infatigable, dévoué, soutien précieux, premier commandant du SDIS depuis 2014, sportif, bon vivant qui sait se faire respecter de ses hommes et qui quittera son poste en fin d’année » déclara le syndic en lui remettant symboliquement la clé de la caserne. Avant de passer au repas, aux parfums de bénichon, concocté par la Chenille Gourmande, la conclusion fut laissée à Daniel Flotron, préfet, qui apporta sa réflexion sur la société actuelle et les différents services : « Nous avons besoin d’eau qui coule au robinet et qui sert aussi à notre sécurité. Qu’est-ce que quelques minutes dans une vie, mais lorsqu’on fait appel au 118 pour un sinistre, que cette attente est longue. Avec efficacité les hommes et les femmes des corps des sapeurs-pompiers sont au service de la population. Professionnels qui sont amateurs et amateurs qui sont professionnels, ils s’entraînent à partir sauver des gens, du bétail, des vies. Les critiques que l’on peut lire sur les réseaux sociaux émanent de personnes qui n’ont jamais été victimes. Mais lorsque la marmite brûle le SDIS est là avec son matériel et l’eau ! »

Samedi 25 septembre 

Dans le cadre des Journées SIA, le public est invité aux portes ouvertes au réservoir des Clos de 10h à 12h et de 13h à 15h, ainsi qu’à la caserne SDIS Oron-Jorat de 9h à 16h. Pour plus d’informations consulter le site www.journees-sia.ch