Opinion
Bourg-en-Lavaux, une démocratie solide

Jérémy Berthet, Chef du groupe PLR ICD au Conseil communal de Bourg-en-Lavaux | Le 15 janvier dernier, dans ces colonnes, Lucie de Palma dressait un portrait bien morne de l’état du débat public à Bourg-en-Lavaux. A la lire, les partis politiques devenaient des structures étrangères à la vie locale, incapables d’entendre les citoyens et citoyennes hors de leur sérail et pipant les dés de la démocratie derrière les portes closes de séances de groupes.
Pour avoir siégé à ses côtés à Grandvaux et en étant aujourd’hui responsable d’un groupe politique au conseil de Bourg-en-Lavaux, j’estime que les propos de Lucie de Palma s’éloignent de la réalité. J’affirme que le débat public est toujours aussi riche qu’à l’époque du système majoritaire, même s’il s’est quelque peu transformé.
En premier lieu, je concède volontiers que les partis ne sont pas une nécessité pour la commune. Cette dernière a très bien fonctionné sans eux pendant la première législature après fusion. J’étais, tout comme mon propre parti, opposé à la loi forçant les communes de plus de 3000 âmes à adopter le système proportionnel. Si demain cette loi venait à changer, la question devrait sérieusement se poser pour un retour à la majoritaire à Bourg-en-Lavaux.
Toutefois, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Si les séances de groupe ont pour effet de diminuer les interventions spontanées au Conseil, les partis apportent une structure et des fondations solides pour débattre d’objets parfois complexes. Les questions légitimes de compréhension des élues et élus obtiennent réponse durant ces séances de groupe, laissant dès lors au plénum les débats sur le fond. La pluralité d’opinion au sein des commissions d’études est garantie et il arrive désormais que des rapports de minorité soient établis ou des amendements déposés sur des projets qui méritent une attention accrue.
De plus, les partis apportent un usage plus courant du droit d’initiative des conseillères et conseillers. Rien que le dernier Conseil a compté deux interpellations et deux postulats. Ces outils sont l’essence même de la démocratie représentative. Ils permettent au Conseil communal d’influer en amont sur les travaux de la Municipalité. Ils sont très peu, voire pas du tout, utilisés dans des communes sans parti.
La « logique de parti » que dénonce Lucie de Palma est aussi un bienfait pour la qualité des préavis déposés par la Municipalité, puisque chacune et chacun doit convaincre ses « opposants » politiques du bien-fondé des projets portés devant le Conseil. A ce titre, rares sont les projets qui ont été rejetés par un groupe ou l’autre à Bourg-en-Lavaux, laissant entendre que la Municipalité actuelle est plutôt efficace dans son approche.
A l’aube des élections, les partis augmentent aussi mécaniquement le nombre de candidatures, puisqu’ils les recherchent activement. Pour ces élections 2026, nous en comptons 103 au Conseil communal et 11 à la Municipalité. Je doute que ces chiffres aient pu être atteints par de simples candidatures spontanées à un système majoritaire. Un nombre de candidatures important, parmi lesquelles de nombreuses jeunes, augmente le potentiel de pluralité d’opinion et permet d’assurer la relève au Conseil.
Finalement, je suis convaincu que l’ensemble des partis politiques de Bourg-en-Lavaux agissent pour répondre aux besoins concrets des habitantes et habitants de la commune. Les lignes partisanes influenceront plutôt les moyens, ou les priorités, qui sont mis sur ces différents besoins et la manière d’y répondre. En aucun cas, les partis n’appliquent, stricto sensu, une quelconque idéologie aux dépens du bien commun ni n’écoutent qu’exclusivement les citoyennes et citoyens qui auraient voté pour eux.
Oui, la démocratie à Bourg-en-Lavaux se porte bien, avec ou sans logique de parti et avec ou sans changement d’équilibre à la Municipalité. Pour qu’elle continue à bien se porter, ne faites qu’un seul geste le 8 mars prochain : votez !


