Opinion

Place du village

Anouk Hutmacher, pour le groupe PS Oron et Sympathisant.e.s – Il y a une grosse quarantaine d’années, j’étais enfant. Nous fêtions le 1er août sur la place du village au centre d’Oron-la-Ville. Les cloches de l’église sonnaient, on avait érigé une petite estrade au milieu de la place et le syndic haranguait la petite foule massée et pour l’occasion endimanchée, avant d’initier un joyeux cortège jusqu’à la route de Moudon où nous attendait le feu pour danser le picoulet. C’était joli et joyeux. En ce temps-là, les voitures étaient encore timides et laissaient tout loisir aux piétons pour s’égayer sans dommage. En ce temps-là, Oron avait une place du village et n’était qu’un gros bourg qui allait commencer à grandir encore et encore pour devenir une vaste commune fusionnée abritant plus de 5000 habitants, beaucoup de familles, une école flambant neuve, deux EMS, des appartements protégés et des parkings partout partout ! On peut encore ajouter qu’Oron compte un cinéma, une garderie d’enfants, une structure d’accueil pour les écoliers, ce qui permet de dire qu’Oron fonctionne. 

Mais Oron vit-elle ?

Avons-nous une place du village où peuvent se réunir nos ainés et nos enfants que la commune a pourtant largement invités à venir s’établir chez nous ? Avons-nous une structure de loisirs invitant les familles à limiter leurs déplacements pour se rendre à la piscine, jouer au badminton, profiter d’un skate parc digne de ce nom et faire de nouvelles rencontres ? La jeunesse jouit-elle d’un lieu pour « chiller » en toute sécurité, se défouler, créer, jouer, écouter de la musique, danser, draguer ? Dans l’élaboration de son programme pour les élections communales à venir, le groupe PS & sympathisants a constaté que la dimension collective du fonctionnement d’Oron faisait actuellement cruellement défaut. Après les constructions, les centres commerciaux, l’aménagement du territoire et la mobilité qui ont constitué de vrais défis vu la vitesse de développement d’Oron depuis la fusion, la question du «vivre ensemble» se pose avec acuité aussi bien pour les jeunes que les actifs et les seniors. Restée le parent pauvre des préoccupations de la politique communale jusqu’ici, nous souhaitons la mettre au centre des débats durant la prochaine législature, afin de faire d’Oron une commune vivante et attachante pour chacune et chacun d’entre nous !