Non à la fermeture des bureaux postaux

Fabien Dunand Ancien syndic de Servion  |  Rien que dans le canton de Vaud, la Poste s’apprête à liquider des dizaines de bureaux postaux d’ici à 2020. Si cela correspondait aux vœux des clients, cela se saurait. Ces fermetures ne provoqueraient pas une levée de boucliers à chaque fois. Pour limiter la fronde, la Poste saucissonne son plan d’action. Elle prend soin de fermer des bureaux de poste suffisamment éloignés les uns des autres pour empêcher des coalitions locales de se constituer. Actuellement, par exem-ple, la Poste s’en prend à Puidoux, à Gingins, à Lonay, à Gryon. Une fois le forfait consommé, ce sera ensuite au tour d’autres communes de chaque district de passer à la casse. C’est pourquoi les municipalités et les habitants doivent s’allier avec les communes voisines dans leur combat. Les arguments pour dire non à la fermeture des bureaux de poste ne manquent pas. Ces offices postaux sont généralement remplacés par des agences postales confiées à un commerce local. On passe donc du public au privé.

A qui fera-t-on croire que le secret postal garanti par la Constitution fédérale conserve la même valeur dans une épicerie qu’au bureau postal tenu par des fonctionnaires spécialement formés à leur mission? On remplace en outre un emploi à 80’000 francs par année par un versement de 25’000 francs au gérant d’un commerce. Evidemment les prestations ne sont plus les mêmes. On ne peut plus retirer tous les envois avisés, mais seulement certains d’entre eux. On ne peut plus retirer les mêmes sommes d’argent. On ne peut plus faire ses paiements qu’avec une Postcard. On ne peut même plus acheter tous les timbres-poste. La pérennité des agences postales de remplacement n’est pas garantie. A Concise, la gérante de l’épicerie qui avait accepté de faire office d’agence postale vivait un calvaire au quotidien. Le rêve que la Poste lui avait fait miroiter s’est transformé en cauchemar. Elle a résilié son mandat le 15 février dernier, après seulement quatre mois d’activités (voir La Région Nord vaudois, du 17 février 2017). Au-delà de cet exemple, un magasin de village n’est malheureusement pas éternel.

Les choses commencent à bouger. Le Tessin en décembre 2016, le Valais en janvier dernier, ont dit non à la fermeture des bureaux de poste. Leur parlement cantonal s’est exprimé dans ce sens. A quand le vote du Grand Conseil vaudois? De nombreuses interventions sont déposées au Parlement fédéral. Elles viennent de la gauche à la droite, en passant par le centre. Le syndic de Puidoux écrivait récemment ici même: «Ne laissez plus la Poste vous répondre avec arrogance: «la Poste s’organise comme elle l’entend.» Il a raison. Ne vous laissez pas faire. Ne nous laissons pas faire.