Maracon – Fracture entre l’exécutif et le législatif, deux nouvelles démissions à la Municipalité de Maracon
Conseil général du 19 novembre

Mercredi 19 novembre, 20h, les membres du Conseil général de Maracon ont pris place dans la salle pour l’assemblée à laquelle ils étaient convoqués. Face à eux, seuls Didier Fattebert, syndic et Nicolas Fosserat, municipal occupaient la table dévolue à la Municipalité.
Démissions avec effet immédiat
Après avoir annoncé la démission de deux membres du Conseil, Samuel Blanc, président, pria Laetitia Déglon, secrétaire municipale de lire les lettres adressées par Marc Visinand et Claudia Mercanton, municipale et municipal démissionnaires avec effet immédiat. Une annonce qui fait écho à celle de Patricia Zeller, du 9 octobre dernier. Le premier déplorant l’esprit de village qu’il ne cautionne plus, la seconde mettant en avant les fortes tensions entre le Conseil général, la commission de gestion et la Municipalité. Une situation qui s’aggrave avec des pressions et des menaces. Lasse de cette situation pour laquelle, elle n’a pas de prise, elle démissionne avec regret. Tous deux soulignant les bonnes relations entretenues avec leurs collègues municipaux et le personnel communal, souhaitant que la commune retrouve son calme. Averti de la situation le préfet, en relation avec le Conseil d’Etat prendra des mesures, la Municipalité ne pouvant fonctionner à 2 membres. Sous le choc, un conseiller releva le travail effectué par ces personnes au profit de la commune et demanda que celui-ci soit reconnu. Son intervention déclencha des d’applaudissements. 6 assermentations suivirent ces annonces.
Vœux d’accalmie
Un conseiller demanda la parole afin de faire la lecture de ses vœux d’accalmie, par laquelle il demanda la suppression complète de toutes les dépenses, sollicitant la Municipalité à ne plus préparer de projet d’investissement et à venir devant le Conseil uniquement avec les objets courants pour le bien de la commune, vu la crise entre l’exécutif et le législatif. Après l’adoption de la taxe d’épuration 2026, comme recommandé par la Commission des finances, le syndic interrogea l’assemblée sur sa volonté de traiter le second préavis intitulé : projet d’acquisition « Le Bugnon », une propriété sise sur la commune pour laquelle un DDP (Droit distinct et permanent) au profit d’une société coopérative d’habitation, en collaboration avec la commune a été préconisé et au sujet duquel les élues et élu se sont prononcés favorablement il y a une année.
Un projet refusé mais jugé intéressant si les finances communales le permettaient
Le projet prévoit la création de 6 appartements adaptés, permettant aux personnes du 3e âge de vivre à domicile. Coût de l’investissement Fr. 1’000’000.- financé par un emprunt bancaire. Retour sur investissement minimum prévu Fr. 2’800’000.- sur 80 ans. Un acte notarié non signé a été rédigé par un notaire. Le délai de réserve prenant fin au 31.12.2025, la discussion fut ouverte. Le rapporteur de la commission de gestion souligna la situation importante d’endettement de la commune. La marge restante du plafond d’endettement en cas d’achat, trop mince, serait critique pour la suite. Recommandant de prioriser les travaux sur les infrastructures existantes, sa conclusion fut de refuser ce préavis. Un avis similaire fut donné par le rapporteur de la commission des bâtiments, qui évoqua sa surprise de se retrouver, lors de la discussion sur ce préavis, face à des représentants de Coopératives d’habitation, de l’héritier de la propriétaire décédée et d’un avant-projet établi par Thomas Mikulas, architecte. « Pour pallier à ce refus, nous suggérons que les citoyens s’associent pour créer cette coopérative, sans engager la commune » souligna-t-il en demandant également de mettre l’effort financier sur l’entretien du patrimoine existant : « le réservoir, la route, le temple et le collège de La Rogivue ». S’en suivit une longue discussion sur l’emplacement, près de l’arrêt de bus, mais loin des commerces, le manque de garantie de priorisation pour les habitants de la commune, le délai de retour sur investissement, les frais déjà engagés, etc. Le résultat du vote, demandé à bulletins secrets fut sans appel : 1 abstention, 6 oui et 52 non et fut applaudi.
La suite de la discussion devenant plus houleuse, le président éleva la voix pour réclamer un effort de chacun afin de retrouver la sérénité des débats, invitant l’assemblée à penser à l’avenir, régler les choses et cesser de les attiser. Il rappela la prochaine séance fixée au 5 décembre, au cours duquel le budget 2026 sera présenté, qui sera suivie de la traditionnelle fricassée plébiscitée par l’assemblée. Il était 22h20 lorsqu’il clôtura cette séance, alors que les premiers flocons de neige de la saison commençaient à tomber.


