Lutry – Une partie du vignoble lutryen a vécu une folle semaine
Du 24 au 27 juin, les domaines du Chaney, du Clos-des-Cloîtres et de Bory ont accueilli la 9e édition de la Folle Semaine. Festival musical et artistique où le swing, le rockabilly, le Reggae, la folk, le funk, la musique du monde et tant d’autres styles musicaux font danser les vignes de Lavaux.

Texte et photos Justine Brand | Derrière les beaux événements, il y a souvent des histoires à raconter et de jolies anecdotes et la Folle Semaine ne déroge pas à cette règle. Tout commence en 2016 avec la rencontre entre Olivier Rouge, du Domaine de Bory et Yannick Cochand. Rapidement, les deux hommes s’entendent très bien et partagent l’amour de la musique, du théâtre et de la scénographie. « Avec Yannick, on aime les choses hors du temps et nous avons un vignoble et un paysage magnifiques, il faut profiter du coucher de soleil et de la vue sur le lac », mentionne Olivier Rouge, président de l’association de la Folle Semaine.
Puis Yannick Cochand fait la connaissance de Robins, Béninois qui travaille pour un vigneron de la région et donne des concerts sur les quais à Lutry avec la fanfare des Amis du Bénin. Les deux hommes sympathisent et Robins contacte Yannick lorsqu’une fanfare du Bénin se retrouve en Suisse, mais sans concert, à la suite d’une annulation. Il s’est avéré qu’il s’agissait du Gangbé Brass Band, le plus grand brass band du Bénin. « A partir de ce moment, une chaîne de solidarité s’est créée. Les artistes ont été logés chez Daniel Bülhmann, vigneron de la commune de Lutry. On s’est ensuite organisé pour monter un concert acoustique au Domaine de Bory. L’année suivante, on a fait un concert avec Patrick Cabré, mais cette fois-ci amplifié. C’était une forme éclatée du festival que l’on connaît aujourd’hui », explique Yannick Cochand.
Des artistes au rendez-vous
Depuis maintenant quatre ans, la performeuse Catherine d’Oex présente les soirées en duo avec Patrick Cabré. L’idée est née au détour d’une discussion avec Yannick Cochand, et surtout de l’envie d’avoir un personnage décalé pour la Folle Semaine. C’est ainsi que « On a une image très conservatrice du vigneron et on a un côté décalé avec le festival. Mais quand on y regarde de plus près, il est fier de présenter son travail et son vin et je suis fière de présenter les soirées. Donc, on est tous fiers ensemble. Le monde rural, celui de la nuit et les musiciens de différentes origines se côtoient à la Folle Semaine et au lieu de dresser des murs, on crée des ponts », s’enthousiasme Catherine d’Oex.
L’amitié est véritablement la pierre angulaire de la Folle Semaine. Junior Tshaka, qui était présent sur la scène jeudi soir, connaît bien Yannick Cochand. A la sortie de son concert et malgré la chaleur, le chanteur était très content. « On a toujours du plaisir à aller où on nous demande et à rendre possible ce genre de soirée. C’est aussi très professionnel au niveau de la technique : quand on voit le lieu, il n’y a pas eu de problèmes et ça, c’est appréciable pour nous. C’était une longue journée chaude, mais on aime ça et être entre potes, c’est un vrai cadeau ».
Un avenir prometteur
Cette année, la scénographie était un peu moins présente sur les différents sites, mais pour une bonne raison. L’été prochain, à l’occasion de la 10e édition du festival, un joli projet verra le jour.
Au niveau du comité, il y a également des renforts qui sont arrivés avec la présence de Camille Rouge et Victoria Mingard. « J’ai particulièrement du plaisir à voir que le festival se régénère et que la relève arrive. La jeunesse c’est important », soulève Yannick Cochand.
Le festival à but non lucratif n’a pas comme objectif de grandir ; ils souhaitent rester un festival intimiste, dans des lieux improbables. « Dites-le à tout le monde, mais que ça reste entre nous », conclut Yannick Cochand.






