L’histoire de nos villages

Claude Cantini

Forel

Les plus anciens vestiges sont les traces de la voie romaine Villette-Crétaz-Oron qui ont été découvertes en 1826.
En 1140, l’évêque de Lausanne Gui de Merlen donne à l’Abbaye du lac de Joux des terres à Forel, ce sont des forêts qui seront déboisées et mises en culture. Par la suite, le territoire appartiendra aux de Palézieux qui y bâtiront un petit château aujourd’hui disparu. Ces derniers céderont ces terres à Louis de Savoie, seigneur de Vaud vers la fin du XIIIe siècle, qui lui-même les vendra en 1300 à Guillaume de Champvent, évêque de Lausanne; les terres de Forel retourneront donc deux siècles plus tard – mais cultivables – à l’Evêché de Lausanne…
La région de Forel, alors nommée « Monts de Villette », car partie marginale de la grande commune de Villette, « n’avait aucune part à l’administration communale et était tenue par le bourgeois du vignoble dans un état de dépendance complet » (Dictionnaire Mottaz). Cela explique la demande de partage de 1823 qui, appuyée par 158 chefs de famille, aboutira trois ans plus tard en 1826.
Le problème de l’isolement – Savigny le subissait aussi à la même époque – sera nettement résolu par la construction de véritables routes. La première, déjà construite en 1762, est l’axe Vevey-Moudon par le lac de Bret ; suivra en 1794 l’élargissement de la route Cully-Grandvaux-Cornes-de-Cerf, puis la construction de la route Lausanne-Savigny-Oron en 1884. Il est à noter que cette dernière fut réalisée sur le tracé d’un chemin préexistant mentionné déjà en 1758.
C’est aux pasteurs – et à leur prosélytisme – que nous devons en 1721 l’arrivée de quatre « maistres d’escholes » dans les divers quartiers de la paroisse : à savoir ceux de Savigny, Le Martinet, Le Grenet et Les Cornes-de-Cerf. Rappelons que, contrairement à la règle dominante à l’époque de faire payer les coûts de l’enseignement par les parents, les quatre « régents » seront directement payés par Berne.
Entre 1790 et 1837, deux annexes scolaires seront créées, En Forel et au Bourg-des-Pillettes, puis deux autres au Pont-de-Pierre et à La Démelette. Ce ne sont, comme il est d’usage, que des pièces dans des fermes qui serviront de salles de classe.
En 1873, deux véritables collèges seront édifiés au Plane et au Pont-de-Pierre (aujourd’hui Le Pigeon). Les quatre hameaux de la nouvelle commune auront ainsi chacun leur école.
En 1837 un cimetière sera créé suivi en 1869 par l’inauguration du temple qui simplifiera grandement les déplacements dominicaux pas toujours faciles dans cette région, Forel partageant avec Savigny la paroisse, le pasteur en étant le même.
En 1984, Forel compte 159 bâtiments ruraux, dont 112 exploitations agricoles. Les anciennes fermes étaient devenues, comme ailleurs, de simples habitations transformées avec plus ou moins de réussite. La progression des exploitations agricoles est révélatrice : deux au XVIe siècle (La Maillardoule et La Crétaz), sept au XVIIe (Les Cases, Mau-Paccot, Bourg-des-Pillettes, Mont-Pellaux,
Vaudeliens, En Forel et Praz-Bryant), 62 au XVIIIe, 90 au XIXe et 112 au XXe. Aujourd’hui, il en reste 36.

 

Grandvaux

Pendant le Moyen-Age différents seigneurs ont eu des droits féodaux : les de Genevois, les de Gruyère et les d’Ecublens. Ces derniers ont vendu en 1274 leurs droits à l’évêque de Lausanne, Guillaume de Champvent, qui, huit ans plus tard, accordera des franchises. L’évêque comptait à Grandvaux au moins 17 « tenanciers » (fermiers) en 1449, sans oublier ceux qui dépendaient de l’Abbaye de Haut-Crêt (au nombre de 24 en 1395).
A l’époque de l’administration bernoise, Grandvaux était un des « quarts » de la grande commune de Villette ; il avait donc sa confrérie et son gouverneur. Au moment du partage de 1826, la confrérie n’était cependant représentée que par trois familles bourgeoises.
Le temple a été édifié en 1635 à côté d’une ancienne chapelle du XIVe siècle désaffectée depuis 1540, dont il ne reste que la tour. Autres monuments historiques : les maisons La Romane du XVe siècle, Maillardoz du XVIe, Guillemey, La Crousaz et Bousson.
L’enseignement était éparpillé : il se donnait en 1688 dans une « grande chambre » qui accueillait aussi les enfants d’Aran et de Chenaux. C’est le bâtiment du XVe siècle situé à côté de la tour qui a été utilisé en premier comme école de ce type. Un deuxième régent n’est mentionné qu’en 1752. L’ancien collège de 1807 et reconstruit en 1873 est devenu en 1977 le bâtiment administratif de la commune puisque de nouvelles écoles avaient vu le jour. Le collège des Monts (en Crêt-Mouton) dont on parlait au moins depuis 1850, a été finalement inauguré en 1900 grâce à un important don de la famille Lederrey du Tronchet.