Les impressions du petit Nicolas

La cuisine, c’est la base…

Propos recueillis par Rosane Schlup | Aujourd’hui, c’est comme hier et aussi comme le hier d’avant: l’école, c’est à la maison. Moi, je suis à l’atelier cuisine avec Maman et on prépare une tarte aux pommes. Quand la tarte aux pommes sera finie, on fera une photo et on va l’envoyer à la maîtresse. Elle nous prépare un bel album avec tout ce qu’on a fait de spécial en cuisine avec nos parents. Marco m’a dit qu’il a voulu refaire son gâteau d’anniversaire en forme de Ferrari, mais que c’était trop compliqué et pas bon et qu’après, il a plutôt fait des pâtes à la sauce tomate, que c’était moins compliqué et très bon. Il était content. Papa est à la table du salon avec mon frère qui est plus grand et ils font l’atelier maths avec les fractions. Ma mission c’est de faire des trous avec la fourchette dans la pâte. J’en ai fait une tonne, mais dans tous les sens et ça m’a pris un temps monstre surtout pour pas que les trous se touchent. Maman m’a félicité et a dit que j’étais un vrai « poinçonneur des Lilas » et ça, je sais pourquoi, ça nous a fait rigoler. Une fois, mon pépé qui aime le jardin, il m’a déjà montré une feuille de lilas rongée par un ornithorynque, sauf que ça fait des trous bien plus gros et les miens étaient vachement plus petits. En plus, je crois bien que maintenant l’ornithorynque, ça a disparu. Après, Papa, il en a sûrement eu marre des fractions, parce qu’il a aussi voulu faire l’atelier cuisine sur la table du salon. Il a voulu une pomme, une planche et un couteau. Sur des papiers, Papa avait dessiné un tas de cibles et il s’était amusé à en colorier des bouts en noir, il a fait plein d’essais différents. C’est pas du tout comme ça la cible des fléchettes. On voit bien qu’il y a longtemps qu’il y a plus joué dans le garage, mais aussi parce qu’on en a perdu dans le jardin des fléchettes, qu’on peut pas y jouer seul et qu’on peut pas aller en acheter non plus  pour le moment, vu que ça se mange pas. La pomme, c’était pas pour la tarte, c’était pour mon frère. Papa a coupé en deux et encore en deux et mon frère a enfin compris ce que c’était un quart. Maman est revenue chercher sa pomme pour finir la tarte, mon frère en avait mangé deux bouts, Papa était content, mais Maman un peu moins. Pour être sûr que mon frère avait  bien compris, Papa a raconté  toute une histoire de foot, parce que mon frère qui est plus grand il aime bien le foot et que du coup ça devait lui plaire. En gros, c’était l’histoire du match Atalanta-Valence qui a eu lieu à Milan avec tout plein de supporters. Papa a raconté toute son histoire et il a dit qu’il y avait 48’000 spectateurs et qu’un quart était des supporters espagnols. Mon frère devait dire combien il y avait de supporters espagnols. Mon frère a réfléchi un moment et puis il a dit à Papa que c’était impossible. Papa a fait des gros yeux et il a dit comment ça impossible ? Ben oui a dit mon frère, on peut pas savoir. Comment ça on peut pas savoir a dit Papa ? Ben oui a dit mon frère, c’est un piège. Comment ça un piège a dit Papa ? Ben oui a dit mon frère, on sait pas combien de places y avait dans le car pour les supporters… Papa a soupiré et il a dit qu’on devrait tresser une couronne de laurier à sa maîtresse. C’est une chouette idée ça. Demain, c’est moi qui ferai les maths avec Papa et c’est  mon frère qui fera la cuisine avec Maman. Elle a dit qu’ils feront une fondue moitié moitié s’il pleut ou un quatre quart breton s’il fait beau. Maman elle est trop forte en cuisine et aussi en maths ça, c’est sûr ! Moi, je demanderai à Papa si on peut aussi tresser une couronne de laurier pour ma maîtresse. Elle me manque trop et mon copain Nathan aussi. Nicolas (71/2 ans)