Les grandes dates de la radio-télévision

François Vallotton, Un siècle de radio-télévision. Le service public audiovisuel en Suisse romande
La collection Savoir suisse est un peu l’équivalent des Que sais-je ? français. Il s’agit d’ouvrages courts et denses, rédigés par un spécialiste du sujet concerné, souvent un universitaire. Le professeur lausannois, François Vallotton, a consacré beaucoup d’attention aux médias. Il a choisi ici de traiter conjointement du passé et de l’évolution de la radio et de la TV, complémentaires et parfois concurrentiels. Son livre traite de problèmes techniques, financiers, sociologiques, de la programmation, du contenu des émissions, du problème du mobbing, et j’en passe… Difficile de résumer un ouvrage aussi fouillé et regorgeant de renseignements. Nous nous contenterons donc ici de relever les grandes dates de ces deux médias audio/visuels, alors même que la RTS se déplace de Genève sur le campus de l’EPFL à Dorigny.
Les débuts de la radio naissent dans les années vingt et surtout en 1931, avec la création de la SSR. Radio-Lausanne s’installe dans ses locaux de La Sallaz. La création de la TSR en 1954 va donner lieu à un « match Lausanne-Genève », avec la victoire de la cité (plus internationale il faut le dire) du bout du lac. Notons qu’il n’y a encore que 31’000 récepteurs TV en 1957 en Suisse… mais déjà un million en 1968. En 1982, une ordonnance permet des essais de radiodiffusion sur le plan local (ce sera par exemple Radio Acidule à Lausanne, créé par des mouvements de gauche). Quant aux heures d’écoute ou de visionnement, elles ont augmenté considérablement. Les plus anciens de nos lecteurs se rappelleront des quelques heures de visionnement quotidiennes des débuts et du « relâche » du mardi… Evoquons aussi avec nostalgie la pièce policière du lundi (avec « Picoche ») et la pièce théâtrale du mardi, avec Daniel Fillion ou William Jaques, pour ne citer qu’eux. On se rappelle aussi du Quart d’heure vaudois ! Dans le domaine primordial de l’information, Continents sans visa (1959) sera remplacé en 1969 par Temps présent, auquel reste rattaché le nom de Claude Torracinta. Mais ces émissions TV au contenu critique, avec des thématiques diverses comme l’homosexualié, l’avortement ou la drogue sont de plus en plus attaquées par la droite conservatrice. Sur le plan musical, la radio garde sa prépondérance, grâce notamment à ses collaborations avec l’Orchestre de la Suisse romande, fondé par Ernest Ansermet en 1918. L’arrivée de la couleur en 1968 va « doper » la TV. Il y aurait encore beaucoup à dire (et tout cela apparaît dans l’ouvrage de Vallotton) sur les retranscriptions sportives, les grands moments d’hommage comme celui lors des funérailles du général Guisan en 1960, les partenariats avec des cinéastes suisses, les conflits internes et quelques licenciements… Le livre se termine avec les attaques frontales incarnées par les initiatives lancées par l’UDC, No Billag puis « 200 francs, ça suffit ! », afin de réduire drastiquement la part de l’audiovisuel public au profit des médias privés. Elles sont heureusement balayées en votation populaire en 2018 puis en 2026.
On le voit, la radio et la TV ont beaucoup évolué, et pas seulement sur le plan technique. Des émissions et de grands noms ont disparu de la mémoire collective, de nouvelles voix et de nouvelles figures sont apparues. Sic transit gloria mundi…
François Vallotton, Un siècle de radio-télévision. Le service public audiovisuel en Suisse romande, Lausanne,
éd. Savoir suisse, 2026, ill., 191p.


