Le raton laveur

Luc Grandsimon | Nous vous avions parlé du chien viverrin qui partage une ressemblance avec le raton laveur (Procyon lotor), il est normal que nous vous présentons ce dernier.
«Il nous vient d’Amérique du Nord et occupe le sud du Canada et une partie de l’Amérique centrale. Le raton laveur se retrouve en Suisse, France, Belgique, Pays-Bas, Danemark, Autriche, Slovaquie, Biélorussie et République Tchèque», nous explique le directeur du Zoo de Servion, Roland Bulliard.
D’une fourrure de couleur gris-brun, il mesure 65 cm environ et pèse dans les 5 kg.
Les motifs de son visage blanc sont de larges taches noires autour des yeux faisant penser à un masque de bandit de films de western.

Un bandit made in U.S.
Le raton laveur est le genre d’animal qui inspire la confiance et donne envie d’en avoir chez soi… et pourtant c’est l’un des animaux les plus nuisibles d’Amérique!
Très bien illustré dans la personnalité de «Rocket Raccoon» du film «Les gardiens de la galaxie», cet animal fait d’énormes ravages sur son passage. Importé en 1930 sur notre continent, il ne possède pas de prédateurs adaptés à lui, mis à part le renard et le loup. En Amérique, ses prédateurs sont aussi le lynx roux et le puma. A ce jour, on dénombre 100’000 ratons laveurs en Europe. Il est considéré comme une menace pour la biodiversité européenne et est classé comme nuisible. C’est un excellent grimpeur, capable de monter aux arbres pour s’attaquer aux nids d’oiseaux même si ce n’est pas sa nourriture de prédilection. Il est omnivore et mange des poissons, des baies, des moules et des micromammifères (mulot, campagnol, souris…) Il tient son nom au fait qu’il a la particularité de nettoyer occasionnellement ses aliments avant de les manger. Il semblerait qu’il le fasse en particulier quand il se nourrit de crustacés ou de coquillages dont il broie la coquille entre ses mains.

Un animal social
«La dernière femelle que nous avons nous a été donnée par un privé. Nous avons des ratons laveurs depuis les années 80 et actuellement nous avons un couple, compris la femelle que nous avons reçue. C’était une grand-maman vivant à Bienne qui la possédait et après son décès les héritiers nous ont contactés avec l’espoir que nous puissions la récupérer. Les SPA ne voulaient pas s’en charger et elles ne savaient pas qu’en faire. Heureusement elle s’est très bien adaptée. Ce n’est pas rare qu’elle vienne spontanément voir les visiteurs. La femelle n’a qu’une portée par année. Le mâle peut avoir plusieurs femelles, il est polygame. La femelle a une gestation de 63 jours pour donner naissance à 1 à 7 petits. Le raton laveur a une espérance de vie de 15 ans en captivité. Il vit généralement dans des troncs creux, des terriers abandonnés ou des granges. L’hiver, il n’hiberne pas mais réduit sa consommation d’énergie, attendant le redoux pour commencer sa nouvelle saison.»
Son plus grand prédateur reste l’homme. Il était chassé pour sa fourrure et sa viande. Le commerce de fourrure de ratons laveurs était très prisé par les trappeurs. Sa viande est encore consommée de nos jours mais sa fourrure n’est plus utilisée du fait de sa complexité à la travailler. Il est considéré comme peu menacé dans le statut de conservation de l’UICN.