Le cordonnier déchaussé
Point culminant des festivités liées aux associations de sauvetage du lac qui sont légion dans notre contrée, le Marathon du Lac a, pour sa 53e édition, décidé de marquer son histoire.
Après l’invitation à la rame des supporters norvégiens lors du dernier mondial de football, l’équipe de Lugrin a décidé de suivre l’exemple à la lettre en souquant sans mollir jusqu’à couler le record précédent de près d’une minute… « Ro ! Ro ! Ro ! »
Nouveaux recordmen de la traversée, mais leur exploit ne s’arrête pas là…
Le sérieux de ces équipes de sauveteurs qui, à chaque occasion, n’hésitent pas une seconde lorsqu’une embarcation se trouve en péril sur le Léman n’est plus à prouver. Nombreux sont les plaisanciers qui peuvent témoigner de leur professionnalisme. Souvent, ils leur doivent une fière chandelle mais sont un peu gênés de mettre leurs « exploits » en avant, la mémoire sans doute…
Nonobstant leur sérieux, ils savent aussi célébrer la bonne humeur et une solidarité hors pair. Ils ont par nécessité le sens de l’autodérision chevillé au corps, et c’est bien ce qui fait de cette 53e édition une édition d’anthologie, et un double exploit.
Le Marathon terminé, c’est vers 22h, rapatriés en vedette motorisée comme des réfugiés cherchant asile sur terre qu’ils plantent le clou en chavirant à 1 kilomètre de la rive, de vrais vainqueurs !
Je ne peux empêcher un éclat de rire en apprenant la nouvelle de ce qui aurait pu être un drame vu les conditions météo de cette tempête soudaine. Tous sont saufs et c’est ce qui libère mon hilarité. Je m’en voudrais de ne pas célébrer ces bons vivants en scénarisant la scène de chavirage du bien-nommé « Bienveillant »… mais je laisse cela à votre imagination.
Un constat toutefois sur cette journée particulière « Voilà quelques cordonniers bien mal chaussés » ;)



