La vie est un roman

Guillaume Musso – Editions Calmann Levy

Monique Misiego | Certains qualifient les livres de ces auteurs à succès de « romans de gare ». Peut-être… Sauf que ça fait du bien par les temps qui courent de penser à autre chose, de se détacher des mauvaises nouvelles, du coronavirus, des manifs en tous genre qui dégénèrent, bref, se détacher et partir ailleurs… Les livres sont un outil fabuleux pour voyager sans se déplacer, se mettre hors de portée, dans un autre monde, fictif ou pas, mais qui nous permet de débrancher… Alors oui, je vais vous parler d’un de ces « romans de gare », d’un de ces auteurs qui publient un livre par année, trop fréquent diront les jaloux, trop rare diront les fidèles. Autant annoncer la couleur tout de suite, ce n’est pas le roman que j’ai préféré chez Guillaume Musso. Mais agréable tout de même. Un peu autobiographique par moment, comme d’autres auteurs qui l’ont fait avant lui, ou un désir inavoué de se mettre en scène ? Quoi qu’il en soit, cet exercice-là est réussi.

L’histoire

« Un jour d’avril, ma fille de trois ans, Carrie, a disparu alors que nous jouions toutes les deux à cache-cache dans mon appartement de Brooklyn ». Ainsi débute le récit de Flora Conway, romancière renommée à la discrétion légendaire. La disparition de Carrie n’a aucune explication. La porte et les fenêtres de l’appartement étaient closes, Les caméras de ce vieil immeuble new-yorkais ne montrent pas d’intrusion. L’enquête n’a rien donné. Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, un écrivain au cœur broyé se terre dans une maison délabrée. Lui seul détient la clé du mystère. Et Flora va le débusquer. Je n’ai pu m’empêcher de comparer cette Flora Conway à Elena Ferrante, cette auteure à succès que personne n’a jamais vue. L’auteur la cite d’ailleurs clairement dans un des passages du livre. On pourrait supposer que Guillaume Musso aimerait peut-être s’éloigner de ces interviews où il doit sans cesse expliquer ce qu’il a écrit, ses inspirations, son état d’esprit, alors qu’il fait partie maintenant du sérail où son seul nom sur une couverture engendre forcément un achat. Il n’aurait pas besoin de faire tout cela. J’ai aussi trouvé une façon d’écrire ce roman-là proche de l’écriture de Joël Dicker, je ne saurais expliquer pourquoi. Quoi qu’il en soit, c’est un roman bien ficelé, qui demande de rester attentif, car on navigue d’une ville à l’autre d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre… Pour terminer, je dirai que ce n’est pas mon préféré dans la bibliographie de Guillaume Musso, mais que ce roman vous fera tout de même passer un bon moment à l’approche  des vacances, chez vous, à la montagne, à la plage… à distance raisonnable bien sûr.