La petite histoire des mots
Grippe

En ce mois de janvier, l’épidémie de grippe se maintient à un niveau élevé, en dépit d’une certaine stagnation, après la forte progression de la période des fêtes. La vague de cet hiver 2025-2026 se distingue comme l’une des plus importantes de ces dernières années. Certains hôpitaux ont enregistré une progression de quelque 40 % des hospitalisations par rapport aux années précédentes, touchant surtout les personnes non vaccinées de plus de 65 ans.
C’est en 1933 que le virus de la grippe a été identifié et isolé pour la première fois chez l’humain, grâce au travaux des chercheurs britanniques Wilson Smith, Christopher Andrewes et Patrick Laidlaw. Leurs recherches ont permis de prouver que la maladie était causée par un virus et non par une bactérie comme on le supposait jusqu’alors.
Dans la Grèce antique, les médecins comme Hippocrate attribuaient les symptômes de la grippe, qui n’avait pas de nom spécifique, à des miasmes issus des marécages ou consécutifs à de brutaux changement de température qui empoisonnaient l’air. Les Romains héritèrent de cette croyance. L’architecte Vitruve et l’agronome Varron recommandaient d’ailleurs d’éviter les zones marécageuses à la mauvaise saison.
Au Moyen-Âge, on pensait que les épidémies étaient causée par l’influence des astres ou par celle du froid. Le mot italien « influenza » a été utilisé pour la première fois en 1357, pour désigner une infection respiratoire collective, à Florence, en Italie. Cette épidémie fut rétrospectivement identifiée par les historiens de la médecine comme une vague de grippe. Le terme « influenza » fut repris en 1743 lors d’une épidémie partie d’Italie et qui affecta toute l’Europe. Il fut adopté par tous les médecins du continent. « Influenza » est toujours, actuellement, le nom scientifique de cette maladie.
En Français, le mot « grippe » apparaît dans le langage courant vers la même époque. Il est issu du verbe « gripper », dans le sens « saisir brusquement », illustrant la brutalité avec laquelle la maladie « agrippe » ses victimes, en se manifestant par une forte fièvre et des frissons. Ce mot a progressivement supplanté « influenza », bien que les médecins continuent d’utiliser les deux. En anglais, cependant, la grippe est appelée « flu », mot issu de la contraction du terme originel. « Influenza » est toujours en usage en italien, mais aussi en arabe (prononciation : « In-fil-wan-za »)
En revanche, le mot français « grippe » a fait des petits en allemand (die Grippe), en espagnol (la gripe ou la gripa), en russe (grip), et même en grec moderne (i gripi), etc.
Terminons par cette jolie citation anonyme : « L’amour c’est comme la grippe, ça s’attrape dans la rue et ça finit au lit. »


