La chronique de Denis Pittet
En enfer durant les relâches

Ah les relâches de février ! Tellement bien les relâches scolaires de février ! Neige et beau temps assurés et montée sur l’Alpe en famille, c’est un peu une tradition, même si tout le monde ne peut pas s’offrir ce cadeau. Cela commence donc par d’interminables bouchons sur l’A9 et, on va le voir, ce ne seront pas les seuls, de bouchons…
Car en réalité et surtout cette année, les relâches, cela a été un cauchemar pour les Vaudois, les Valaisans, les Jurassiens et les Fribourgeois, envoyés tous en même temps sur les routes et sur les pistes. Merci aux cantons et aux écoles pour la brillante coordination ! Et comme si cela ne suffisait pas, la météo a été dégueulasse. Alors monter le samedi et s’installer dans un appartement trop petit avec les gosses qui meurent de faim et sont fatigués, ça va encore, c’est trop bien, c’est le premier jour. Le dimanche, neige ou soleil, tout le monde sort parce que le ski, c’est trop bien. Pis dès le lundi – toujours avec la neige, les installations bloquées, le brouillard, on commence à caler. Le mardi, tout le monde s’engueule et personne ne veut accompagner maman faire une jolie promenade dans la station. Beurk. Un resto ? Fallait réserver en arrivant parce – désolé Monsieur – c’est complet ou il reste une table à 22h… Les courses ? Mille personnes dans le magasin, plus de viande séchée, pas de kirsch. Au resto d’altitude, 45 minutes de queue pour le potage du jour à 12 balles et pas une table de libre, la terrasse est fermée à cause de la neige. Et comme j’ai l’air con debout au milieu du self avec mon plateau, mes 4 soupes et pas de table. Et le petit qui craque, un Suisse allemand qui me bouscule et ma femme qui m’engueule. Non, les relâches à quatre cantons en même temps, c’est le summum !
De qui se moque-t-on avec cette planification des relâches scolaires ? De toutes et tous. Des enfants, des parents, des magasins, des restaurants, des écoles de ski, des remontées, des hôtels, j’en passe et des meilleures. En réalité, c’est un véritable scandale et on se demande quelle raison impérieuse oblige, comme l’an prochain d’ailleurs (réjouissez-vous) par exemple d’envoyer les Vaudois avec les cantons catholiques ? Quelle raison ? Et est-ce que le Mardi gras est si impératif pour les Valaisans, Jurassiens et Fribourgeois ? Permettez-moi d’en douter. Entre vivre un Carnaval sans grand intérêt en station ou étaler les relâches sur tout le mois de février, voire début mars, le choix de nombreux serait vite fait. Tiens, les autorités scolaires, plutôt que faire du copier-coller de leur calendrier, pourraient faire un sondage à ce sujet et s’inspirer du résultat. Cela donnerait une légitimité à la chose, non ?
Interrogés le 25 février dernier dans 24Heures, des responsables scolaires ont mis en avant une palette d’arguments en se renvoyant la balle tout en posant sur le tapis leur visible envie de ne rien régler. Le fédéralisme a bon dos et le plan d’étude du calendrier catholique aussi. Il n’y a plus qu’à pleurer et espérer qu’il fera beau durant les relâches 2027…


