La chronique de Denis Pittet
Valérie Dittli : une trajectoire plombée

Le jeudi 7 juillet 2022, 24Heures titre en gros et en Une : « Valérie Dittli se croit-elle encore en campagne ? ». Voilà, voilà… A peine une semaine après son entrée en fonction officielle, la toute jeune et nouvelle conseillère d’Etat se trouve déjà épinglée. Avec le recul, cet épisode prend une dimension quasi prophétique… L’affaire n’est pas bien grave : Valérie Dittli a osé donner des conseils de mobilité (!) à la Ville de Lausanne dans « Lausanne Cité », accusant cette dernière de « manque de vision ». Non, cela ne se fait pas : lorsqu’on dirige un département, on parle de celui-ci et pas des affaires des autres. Bon, évidemment, tout cela prête à sourire quand on voit le joyeux bordel qui règne actuellement dans le canton et ses écuries d’Augias.
Une petite recherche rapide sur la période janvier-avril 2022 (élections cantonales, donc) nous rappelle certains faits : quand et comment Valérie Dittli apparaît-elle ? Le 9 mars 2022, toujours dans 24Heures, un sondage la place en 10e position pour l’élection. Ni le papier ni le commentaire ne reviennent sur elle. Passez, y’a rien à voir. Le 20 mars, seule Christelle Luisier est élue au premier tour. Michaël Buffat fait un score identique à celui de Valérie Dittli mais on s’inquiète surtout pour la future vaincue du second tour, Cesla Amarelle. Question accessoire : faut-il maintenir Dittli au second tour ? On sait la suite. Buffat a plus perdu que Dittli a gagné. Le 23 mars, un sondage prend enfin au sérieux la possible élection de Dittli. Fin du suspense et début des ennuis pour la Zougoise. Pourquoi ennuis ? A cause du département qui lui sera donné…
Au soir du 10 avril 2022, tous les observateurs veulent que la présidence passe à Luisier (ce qui est acquis de fait) et veulent que la droite reprenne l’école grâce ou à cause de la nouvelle majorité. Personne ne parle des finances à ce moment-là. Le nouveau Conseil d’Etat compte 4 néophytes (du jamais vu depuis des décennies) : Isabelle Moret, Frédéric Borloz, Valérie Dittli et Vassilis Venizelos. Le 19 mai, le nouveau Conseil d’Etat annonce la répartition des départements. Borloz prend l’école et Dittli, les finances. Et c’est là qu’on peut se poser cette question : a-t-on découvert ce jour-là la droite vaudoise la plus bête du monde ? Personne ne saura jamais ce que se sont dit les conseillers – et peut-être comment – afin d’arriver à ce résultat. Oui, la droite devait prendre finances et écoles. Mais non, les finances ne devaient pas aller à la plus jeune et plus inexpérimentée. Personne ne saura non plus si ces décisions visaient déjà à affaiblir d’entrée de cause Valérie Dittli. On connaît la suite. La majorité de droite n’a cessé depuis ce 19 mai 2022 de vaciller et s’affaiblir. Il faut tout de même être champion du monde pour arriver à pareil résultat. Les élections communales et une partielle au Conseil d’Etat dans quelques semaines et les cantonales au printemps 2027 vont rendre tout ce petit monde encore plus fou que d’habitude. Enfin, si c’est possible…


