Jorat – OK pour le permis de construire des futures éoliennes du parc «Eoljoratsud»
Le canton a tranché

Une décision rendue le 18 août dernier permet désormais – sauf recours – la construction de huit éoliennes dans les bois du Jorat
La direction générale du territoire et du logement (DGTL) a adressé un courrier le 18 août dernier à toutes les entités et personnes concernées les informant que toutes les oppositions au projet lausannois d’implanter huit éoliennes sur son territoire étaient levées. L’enquête publique s’était déroulée du 11 juin au 11 juillet 2024 et avait suscité 555 oppositions. Le permis de construire est donc accordé et concerne 3 objets : la construction du parc éolien, la création d’une piste de chantier provisoire et de stockage et enfin une autorisation de défrichement. Ces décisions sont susceptibles d’un recours auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal (CDAP) dans un délai de 30 jours. L’Association « Eoleresponsable » a immédiatement annoncé qu’elle ferait recours (lire encadré).
Pour rappel, le projet « Eoljoratsud » a été lancé en 2008 par la ville de Lausanne. Eoljoratsud compte huit éoliennes d’environ 200 mètres de hauteur dont le but est de sécuriser l’approvisionnement électrique hivernal en produisant 56 GWh par année, couvrant les besoins d’environ 25’000 ménages. C’est l’entreprise Si-Ren, société détenue à 100 % par la capitale vaudoise qui mène ce projet, projet qui bénéficie de la loi « Wind-express » votée en 2023 par le Parlement : ce texte permet l’accélération des procédures pour la réalisation des projets d’importance nationale.
La nature des oppositions couvrait une multitude de domaines : alternatives existantes aux éoliennes, présence du parc naturel périurbain du Jorat, danger pour les animaux, proximité des habitations, atteinte majeure au paysage, commune de Lausanne juge et partie, bruit des pâles, ombres projetées, atteintes aux sources, etc. Dans ses conclusions, la DGTL rappelle qu’une pesée globale des intérêts a été faite – notamment lors d’un recours précédent auprès du Tribunal fédéral – et conclut : « Compte tenu de la production d’énergie attendue et de l’intérêt public important à la production d’énergie renouvelable, la pesée des intérêts conduit à approuver le projet ». Dans un communiqué de presse daté du 20 août, la Ville de Lausanne et Si-Ren se réjouissent de la décision de la DGTL et relèvent « qu’un recours est encore possible au Tribunal cantonal, mais que le projet bénéficie de la Loi fédérale sur l’accélération des procédures pour les parcs éoliens (dite « Windexpress ») qui n’ouvre pas la porte à un nouveau recours au Tribunal fédéral, ce qui permettra d’accélérer les procédures judiciaires ». Xavier Company, directeur des SIL déclare : « L’éolien joue un rôle clé dans le mix énergétique : il produit les deux tiers de son énergie durant la saison froide, lorsque les besoins sont les plus élevés et que la production hydraulique et solaire est au plus bas. Cette complémentarité est essentielle pour garantir la sécurité de l’approvisionnement électrique. » La planification la plus optimiste prévoit le début des travaux pour fin 2028.

les 8 éoliennes.
En jaune et bleu,
le périmètre du Parc
naturel périurbain
du Jorat
Fâché !
Christian Amacker, président de l’Association « Eoleresponsable », qui combat l’implantation des éoliennes, n’y va pas par quatre chemins : « La décision de la DGTL et tout ce qu’elle implique en amont est une pure décision politique. Toutes les oppositions sont dégagées en bloc. On a le sentiment que l’Etat cherche à se créer une réalité qui n’est sans doute pas celle de milliers de personnes. C’est du Trumpisme, l’Autorité définit sa réalité ! Naturellement, nous ferons recours, nous serons actifs, nous voulons montrer les dysfonctionnements qui entourent cette affaire. Les dangers, les impacts sont ignorés tant par le canton que par la commune de Lausanne qui ne veulent pas en entendre parler. Toute la problématique est noyée dans un verbiage juridico-administratif. A l’Etat ou à Lausanne, personne n’est responsable nommément du monstre qui sortira peut-être de tout cela. On devrait obliger un politicien à signer et assumer clairement le projet. Enfin je rappelle que si le parc devait voir le jour, il faudrait probablement changer toutes les machines dans 25 ans… »