Joli mois de… mais

Jamais mois de mai n’a été moins prometteur. Le doute se la dispute à l’incertitude avec le secret espoir d’en finir avant l’été avec le sprint vaccinal qui nous est offert. Les organisateurs d’événements et autres festivals, les restaurateurs et les voyagistes sont dans les starting-blocks attendant tous la déclaration officielle d’une immunité de groupe enfin atteinte. Rien n’est plus incertain. Les plans de vacances se déclinent de A à C voire plus loin. Les paris sont pris sur des destinations « sûres ». Des îles touristiques préparent leur ghetto afin de sauver la saison 2021, mais tous restent dans l’expectative… Mois historiquement contestataire, nous avons depuis un certain temps pris l’habitude de considérer que absolument tout peut être mis en doute. Les règles scientifiques, chimiques, biologiques et physiques, les lois de la nature et jusqu’à la forme de notre planète, tout est sujet à remises en cause. Même la démocratie n’y échappe pas, il semblerait que le terme de majorité soit devenu un concept émotionnel et totalement subjectif dans certaines contrées (heureusement) lointaines. Dans ce monde nouveau, il devient difficile d’avoir un débat apaisé et équilibré. Les divers canaux d’expression offrent un nivellement par le bas qui permet (enfin !?) à l’idiot du village de paraître comme un prix Nobel potentiel. Grâce qui, par les réseaux sociaux, lui permet de récolter l’adhésion de ses semblables par delà l’isolement des villages… Suprême consécration pour celui qui autrefois créait l’hilarité au café du commerce. Le joli mois de mai supposé être l’entrée dans la belle saison et synonyme de renouveau nous laisse dans le doute avec pour unique option de le vivre jour après jour mais si possible sur quelque terrasse… au moins ça !