Il faut sauver la Pontaise ! (Bis)*
La chronique de Denis Pittet
Je n’aimerais pas être un chef ou une cheffe du service des sports d’une grande ville romande – même une capitale olympique – et devoir rappeler tout de go qu’un stade mythique est destiné à ne plus accueillir de sport et qu’il est exclu d’y faire encore des aménagements, fussent-ils lumineux…
Je suppose que Madame Myriam Pasche a été soulagée de la défaite du SLO en finale de la Coupe suisse dimanche dernier. Oh c’est triste bien sûr de voir une équipe lausannoise échouer mais quelle épine du pied enlevée en n’ayant plus à faire expertiser l’éclairage de la Pontaise, éventuellement renforcer ce dernier ou encore perdre des heures de négociations pour trouver un lieu européen au «petit» grand club de Lausanne. Sans parler du sempiternel pognon.
Sauf erreur de ma part, les élections communales sont terminées. Dans un gros mois, les nouvelles autorités lausannoises (les mêmes, donc) entreront officiellement en fonction. Et le dossier du stade de la Pontaise devrait peut-être ressurgir. Car souvenez-vous, cette triste saga avait connu un épisode digne de tous les courages politiques quand il avait été annoncé en juin 2025 que de nouvelles études étaient nécessaires. La réalité? Une fois de plus, on retardait le projet de Vidy en souhaitant laisser passer les élections du printemps 2026…
C’est une farce et une farce qui n’a rien de drôle. A lire et relire les kilomètres de textes écrits de tous bords depuis plus de 20 ans, n’importe quel idiot comprendra que la Pontaise est perdue et qu’il n’y aura pas de nouveau stade à Vidy. Athlétissima crèvera la bouche ouverte et tout cela consommé on trouvera alors un chœur de pleureuses pour nous dire comme cela est triste.
Il y a à Lausanne une chape d’hypocrisie difficile à supporter. En octobre 2024, la Ville a réussi à faire croire à tout un canton que la Pontaise était sauvée et ne serait pas détruite. Effectivement: pas détruite, mais amochée, défigurée, démembrée et surtout privée de son usage sportif. Point barre. Pire que le supplice de la roue. Lausanne ne veut plus d’Athlétissima et de la Pontaise et Lausanne ne peut pas ou plus payer un stade à 70 millions à Vidy.
La solution existe pourtant et la réponse est sous vos yeux, pour paraphraser Cyril Féraud dans 100% logique. Et logique, cette solution l’est tellement. Plusieurs l’ont évoquée sans encore se faire suffisamment entendre. L’immense écoquartier des Plaines du Loup a d’évidents besoins sportifs; ses habitants et enfants utiliseront la Pontaise pour pratiquer du sport. Athlétissima pourra y rester. On prendra sur les 70 millions pour rajeunir encore la Pontaise, mais tellement à bon escient. Et on laissera Vidy aux libellules, grenouilles, ruines romaines et ruines du stade laissé volontairement à l’abandon. Et on évitera cent mille discussions. Au mieux on fera une rénovation légère. Mais surtout, pour finir, on sauvera un monument historique suisse de haute valeur architecturale et d’immense valeur sentimentale. Et un écrin pour l’immense vitrine qu’est Athlétissima sans oublier l’image de la Capitale olympique.
(*= Le Courrier du 28 mars 2024)




