Grand Conseil vaudois
La représentativité de Lavaux-Oron en baisse



Fabian Rousseau | La loi des chiffres a parlé : notre district de Lavaux-Oron perdra un député pour la prochaine législature 2027-2032 du Grand Conseil vaudois, passant de 12 à 11 membres. En effet, l’évolution démographique du district est proportionnellement à la baisse par rapport au reste du canton, ce qui nous prive d’un siège au profit du district d’Aigle.
Un enjeude représentativité
« Cette nouvelle n’est guère réjouissante », estime la députée socialiste Muriel Thalmann. « La perte d’un siège est avant tout un enjeu de représentation. Moins de députés signifie potentiellement moins de poids pour défendre les intérêts spécifiques du district et relayer les préoccupations de ses habitants. »
Un avis que partage le député Vert’libéral Jean-Claude Favre : « Il est clair que le passage de 12 à 11 député·e·s n’est pas une bonne nouvelle. Cette décision est due au fait que la croissance démographique dans notre district a été moins forte que dans d’autres régions du canton. C’est le district d’Aigle qui profite de cette situation en récupérant son quota. En termes d’impact, cela signifie que nous aurons une personne de moins au Parlement pour représenter notre région. »
Le député PLR Jean-Rémy Chevalley se veut plus pragmatique : « C’est dommage, évidemment, mais les chiffres ne laissent pas de place au doute. La population de notre district a moins évolué que celle d’Aigle, qui retrouve ainsi le siège perdu lors des élections de 2022. C’est vrai qu’un député pour 5760 habitants, cela peut sembler peu. »
Une campagne sous haute tension
Ce changement va peser sur la campagne de l’année prochaine. Les places seront plus disputées dans notre région et chaque camp se prépare à une lutte serrée.
« Chaque parti voudra garder ses acquis et ne pas faire les frais du siège perdu. Si les 12 sortants se représentent, il y aura forcément un déçu ! », estime Jean-Rémy Chevalley, député de Puidoux.
A Belmont-sur-Lausanne, Jean-Claude Favre analyse la difficulté à venir : « Avec un siège de moins, la concurrence sera plus forte. Avec 12 sièges, nous aurions pu espérer un deuxième siège. Cela semble désormais difficilement atteignable, car il nous faudrait obtenir 17 à 18 % des suffrages, contre 9 % il y a quatre ans. »
La socialiste pulliérane Muriel Thalmann est, de son côté, prête à revoir sa stratégie pour conserver les deux sièges PS : « Nous adaptons notre approche avant chaque élection pour tenir compte de l’évolution de la société. Comment toucher les jeunes électeurs qui ne lisent plus les journaux ? Comment mieux communiquer sur nos actions ? Nous essayons de nous améliorer sans cesse. »
Pronostics et confiance
Malgré l’enjeu, chaque formation affiche une certaine confiance.
Pour Jean-Claude Favre, le risque pour le siège Vert’libéral est faible : « L’observation des résultats des communales entre 2021 et 2026 me fait penser que le siège le plus à risque est probablement le troisième siège des Verts, obtenu de justesse en 2022 alors que le parti a perdu des voix depuis lors. »
Jean-Rémy Chevalley reste également optimiste pour le PLR : « Les résultats des communales 2026 sont rassurants. Si la tendance se confirme en 2027, le PLR devrait au moins conserver ses 4 sièges. »
Enfin, Muriel Thalmann mise sur la stabilité et la relève : « Mathématiquement, le deuxième siège socialiste n’a jamais été mis en danger ces 15 dernières années. Nous avons progressé lors des dernières communales et nos nouvelles recrues débordent de dynamisme. Je suis donc confiante. »
La campagne cantonale de l’année prochaine s’annonce passionnante. Quoi qu’il arrive, un parti sortira perdant de cette redistribution.
Espérons qu’à l’avenir, la démographie de notre district reparte à la hausse, que de nombreux « bébés made in Lavaux » voient le jour et que les familles continuent de s’installer sur nos beaux coteaux et dans nos campagnes verdoyantes.


