Elections communales – Les élections en quatre constats
La plupart des communes du district Lavaux-Oron n’ont pas été chamboulées par les élections communales. Bilan en quatre constats à l’issue du deuxième tour.

Premier constat
Diane Zinsel et Thomas Cramatte. |. La part du lion revient aux listes non étiquetées politiquement. « Je pense que les petites communes, en dépolitisant le débat, parviennent mieux à faire face aux nombreuses tâches à réaliser et gagnent en efficacité », analyse Jean-Claude Favre, vice-président PVL section Lavaux-Oron. Au niveau des exécutifs, sur 88 municipaux, 56 sont issus de listes sans couleur politique affichée, comme à Paudex, Puidoux, Chexbres, Saint-Saphorin, Forel, Montpreveyres, Servion, Maracon, Jorat-Mézières ou encore Rivaz.
Deuxième constat
Les forces politiques existantes restent relativement stables au niveau des exécutifs. Le PLR maintient ses 14 sièges dans les municipalités des quatre communes où le parti présentait une liste (3 à Pully, 4 à Lutry, 3 à Bourg-en-Lavaux et 4 à Savigny. « On voit qu’il y a une volonté de la population de maintenir une majorité PLR dans les municipalités », observe Vincent Arlettaz, président du PLR Lavaux-Oron. Pour lui, ce résultat s’inscrit dans la continuité du travail mené ces dernières années : « Une ligne claire et des candidats connus et crédibles, fruits d’un travail de terrain sur la durée ». Le président y voit aussi un message politique : « La population semble vouloir une direction claire. A nous maintenant de travailler avec les autres forces politiques dans cet esprit ». Le PLR place aussi des élus à Oron, Forel, Puidoux et Chexbres grâce à des listes d’entente.
Les élus indépendants comptent huit représentants et conservent leur poids dans plusieurs exécutifs. A Pully, l’Union pulliérane signe même un retour remarqué avec l’élection de Robin Carnello : « Un parti ni de gauche ni de droite, un parti indépendant qui a rencontré un succès dans une ville de près de 20’000 habitants, c’est relativement rare. Nous n’avions plus eu de représentant à la Municipalité depuis 18 ans », relève son président, Frédéric Brundler. Ce succès s’est fait au détriment du Parti socialiste. « La perte de notre siège à Pully est un revers », estime Yassin Nour, président de la section Lavaux-Oron. Selon lui, « l’effet bulletin unique, où les électeurs panachent leurs choix, a profité aux partis aux couleurs politiques moins clairement affichées ». Le parti à la rose reste présent à Bourg-en-Lavaux, Savigny et Lutry, mais perd un siège à Oron. « Nous sommes passés de 6 à 4 élus sur l’entier du district », ajoute-t-il.
Les Vert.e.s gardent leurs deux représentants aux municipalités de Pully et de Bourg-en-Lavaux : « C’est une très bonne nouvelle de maintenir nos sièges à l’exécutif, notamment avec des candidats qui ont fait leurs preuves », souligne Laurence Christine Pot, cheffe de groupe Les Vert.e.s. Elle reconnaît que la vague verte a clairement perdu en puissance par rapport aux élections de 2021.
L’UDC, de son côté, parvient à grappiller deux sièges à Oron, grâce à une liste d’entente de centre droit, portant à trois ses représentants dans la commune. « C’est une très belle réussite », ponctue Nicolas Glauser, responsable de la section Lavaux-Oron de l’UDC. Le Centre et les Vert’libéraux échouent à placer l’un (e) des leurs dans les municipalités. « Nous savions que cela serait difficile », reconnaît Jean-Claude Favre du PVL.
Troisième constat
Les législatifs ne suivent pas tout à fait la même tendance. Au niveau des Conseils communaux, la grande majorité des élus provient de listes non étiquetées politiquement, mais plusieurs partis renforcent leur présence.
Le PS gagne six sièges supplémentaires sur l’ensemble du district, « soit +4 sièges à Pully, +1 à Lutry, +2 à Oron, et nous entrons dans le législatif de Belmont avec 4 personnes grâce à une liste rose-verte. C’est par contre une claque à Savigny, où nous perdons 5 conseillers », liste le socialiste Yassin Nour. L’UDC compte cinq fauteuils supplémentaires (+3 à Pully, +1 à Lutry, +2 à Belmont, -1 à Savigny). « Notre parti a fait un vrai travail de fond pour montrer que l’UDC est une alternative solide et que nous avions quelque chose à apporter dans les alliances de droite. Les gens l’ont compris », analyse Nicolas Glauser.
Le PLR enregistre quatre sièges en plus (+1 à Pully, +2 à Lutry, +5 à Bourg-en-Lavaux, -4 à Savigny). « Le travail de terrain et l’engagement sur la durée ont permis de susciter l’adhésion des électeurs », relève Vincent Arlettaz. Le Centre renforce également sa présence dans les Conseils communaux. Il obtient quatre sièges à Bourg-en-Lavaux, et deux à Belmont-sur-Lausanne, à la faveur d’une alliance avec les Vert’libéraux. Au total, en comptant les centristes élus sur des listes d’entente, le parti compte désormais une dizaine de conseillers communaux sur l’entier du district, relève Faustine Tsala, présidente du Centre Lavaux-Oron.
Les Vert.e.s, en revanche, reculent dans plusieurs Conseils communaux. « Globalement, ça n’a presque pas changé en termes d’équilibre, mais les sièges se déplacent parfois au profit du PS », observe Laurence Christine Pot, cheffe de groupe Les Vert.e.s. Elle souligne aussi des campagnes plus offensives qu’en 2021 : « Certains partis mettent beaucoup de moyens, avec une présence très visible sur le terrain ». Point de vue similaire pour le PVL, qui se dit « moyennement satisfait » : « Notre nombre de sièges est resté stable (+1), alors qu’on aurait voulu l’étoffer », explique Jean-Claude Favre. Il évoque notamment « l’intérêt croissant pour les extrêmes » et « l’effondrement de la vague verte. »
Quatrième constat
La surreprésentation des hommes reste importante au sein des exécutifs. Sur les 88 municipaux, 26 seulement sont des femmes. La commune de Puidoux est la seule à n’en compter aucune, tandis que Maracon, avec une Municipalité entièrement renouvelée, fait figure d’exception avec quatre femmes élues sur cinq.


