De Gstaad à Saint-Tropez, la Suisse met les voiles

La Nioulargue de St-Tropez du 25 septembre au 9 octobre.

La formule de course poursuite mise au point par le GYC réconcilie le public avec la voile. Centenary Trophy 2021 – Photos © Juerg Kaufmann

Oui, la marine suisse existe. Aux Voiles de Saint-Tropez, le plus important événement nautique Méditerranée occidentale,qui vient de s’achever, elle a pour vaisseau amiral, le plus perché des yacht club du monde, implanté dans une station de ski,à 1050 m d’altitude et 600 km de la mer.

Laura Damiola  |  Pour la 10e année, une initiative descendue, comme un vent de fraîcheur, des Alpes suisses et plus précisément du Saanenland, a éclaboussé « les Voiles de Saint-Tropez » (Var, France) qui célébraient en 2021 le 40e anniversaire de leur naissance, sous le nom de « Nioulargue ». Cette formule a accouché cette fois d’un haletant duel entre deux gloires de la Coupe de l’America, le Français Bruno Troublé, et l’Américain Peter Isler, double vainqueur de la Cup (1992-95), à la barre de yachts de 118  (Olympian) et 116 ans (Spartan) d’âge. Ce qui n’a pas éclipsé la participation de la navigatrice lémanique Elodie Mettraux à bord de Sumurun (1914), parmi les 19 monuments historiques engagés dans le Centenary Trophy du Yacht-Club de Gstaad. 

« V » de victoire pour le Français Bruno Troublé, ancien de l’America’s Cup,
devant le double vainqueur de la Cup en question, Peter Isler sur Spartan. Centenary Trophy 2021 – Photos © Juerg Kaufmann

Oui, vous avez bien lu : un yacht club, juché à 1050 m d’altitude, dans une station de ski, et à bonne distance de la mer. « Un club de voile global et unique, loin des eaux », selon sa ligne directrice forgée par Constantin de Grèce, ci-devant roi et champion olympique de voile. « Né en 1998, le GYC compte aujourd’hui 400 membres de 25 nationalités différentes. Nous sommes reconnus par 35 yachts clubs répartis dans le monde », comptabilise son Commodore, Manrico Iachia, ancien dirigeant de Generali et d’Europ-Assistance. Concentrant le gratin de l’économie suisse et de fortunes résidentes à Gstaad, ce club soutient, du côté de Montreux notamment, la formation de jeunes marins suisses. Mais il va aussi plus loin. « Nous élargissons nos actions, à raison de 80 événements annuels, à des grandes thématiques comme la protection des femmes ou la protection des océans », explique Manrico Iachia qui assume ainsi la définition de ce club très spécial. On est « global » ou on ne l’est pas. 

Pour revenir au Golfe de Saint-Tropez, l’épreuve organisée par le GYC obéit au principe de la course-poursuite : les plus petits, plus anciens, et ou plus lents partent d’abord; le premier arrivé a gagné. Elle a donné un sacré coup de jeune à des régates aux règles surannées, éveillant l’intérêt du public pour des voiliers historiques qui sont au cœur du plus important événement nautique de la Méditerranée (côté Français) avec, en 2021 une flotte de 280 unités, de l’ancêtre Marigold (1892), aux Maxi yachts actuels, et 4000 marins. Si la participation lémanique aux voiles de Saint-Tropez est loin d’être négligeable en quantité et qualité (sans oublier son sponsor, Rolex), le pavillon d’un curieux yacht club, positionné à 581 km de la Côte, lui donne aussi un peu de hauteur et de recul.

Hattrick, coup de chapeau pour Olympian triple vainqeur du Centenary Trophy, croisant devant Saint-Tropez – Photos © Juerg Kaufmann

Scud, l’un des 19 centenaires engagés dans le Centenary Trophy du GYC – Photos © Juerg Kaufmann