Cully Jazz – L’édition 2026 mise sur l’équilibre des styles et des générations
La programmation IN du Cully Jazz Festival, dévoilée lors d’une traditionnelle conférence de presse le 15 janvier, donne les contours de la 43e édition, prévue du 10 au 18 avril prochains. Trente-six concerts répartis sur trois scènes et une volonté affirmée de conjuguer têtes d’affiche internationales, projets transversaux et scène suisse. Invitée centrale de cette édition, la chanteuse américaine Melody Gardot marquera le programme par deux concerts au Chapiteau, une première.

Comme chaque printemps, Cully ouvrira, pour ainsi dire, la saison des festivals en Suisse romande. Du Chapiteau au Temple, en passant par le Next Step, la programmation 2026 s’inscrit dans une continuité assumée : proposer un jazz pour toutes et tous, sans céder à un empilement de noms pour attirer la foule.
La manifestation du bord du lac s’ouvrira avec une soirée résolument helvétique. Le brass band post-balkanique bernois Traktorkestar s’entourera de Stephan Eicher, Erika Stucky et Elina Duni, réunissant des univers contrastés autour d’un même ensemble instrumental. En première partie, on retrouvera la chanteuse Lea Maria Fries qui présentera ses dernières compositions. Les jours suivants, des projets de référence prendront le relais, à l’image de The Bad Plus, connu entre autres pour leurs reprises de Nirvana ou de Radiohead, accompagnés de Chris Potter et Craig Taborn pour revisiter le répertoire de Keith Jarrett, ou encore du trio britannique Mammal Hands.
Melody Gardot, tête d’affiche 2026
Le dimanche au Chapiteau sera consacré à Melody Gardot, avec deux concerts qui constituent l’un des temps forts de cette édition. « Deux fois la même artiste au chapiteau est une première dans l’histoire du festival », explique Jean-Yves Cavin, co-programmateur. Rarement de passage en Suisse ces dernières années, l’artiste américaine proposera un répertoire à son image, entre jazz, soul et chanson, portée par une écriture souvent dépouillée. Sa musique privilégie les nuances, les respirations et une relation étroite entre la voix et l’instrumentation. A Cully, ces deux rendez-vous s’inscrivent dans un format propice à l’écoute, loin d’un dispositif spectaculaire, mais en adéquation avec l’acoustique et l’atmosphère du lieu.
Cette première semaine continue avec des propositions aux environnements sonores variés. Gabi Hartmann présentera La femme aux yeux de sel, projet aux influences folk et latino-américaines. Richard Galliano replongera dans l’univers de Viaggio, tandis qu’Anouar Brahem dévoilera After the Last Sky, une suite de pièces de chambre aux équilibres délicats. Le Temple accueillera également le dialogue musical entre Airelle
Besson et Lionel Suarez, ainsi que des formats plus intimistes portés par Bill Laurance ou Emily Loizeau.
Des circulations musicales assumées
Le second week-end mettra l’accent sur les musiques d’Afrique et de ses diasporas. Richard Bona, Sona Jobarteh et Fatoumata Diawara proposeront chacun une lecture personnelle de traditions revisitées, entre héritage et écriture contemporaine. Les influences caribéennes et sud-américaines seront également présentes, avec ALA.NI, Bixiga 70 ou Laberinto Tanguero. De son côté, le Next Step poursuivra son exploration de la scène anglo-saxonne actuelle, où le jazz dialogue volontiers avec la soul, le hip-hop ou les musiques électroniques.
Le piano constituera enfin l’un des fils rouges de cette édition. Manon Mullener incarnera la relève helvétique, Tony Ann et Jamie Duffy exploreront des formes néoclassiques, tandis que Colin Vallon, Roberto Fonseca et Vincent Segal illustreront la diversité des approches possibles autour de l’instrument.
Le programme OFF et les activités d’Autour du jazz seront dévoilés le 24 février. D’ici là, la programmation IN 2026 esquisse un festival cohérent, attentif aux équilibres et fidèle à l’identité de Cully Jazz, qui continue d’occuper une place singulière dans le paysage musical romand.



