Courrier de lecteur – En réponse à: Nouvelle loi sur l’énergie
Solaire : promouvoir ou saboter ?
Silvio Crosa, Aran Président de l’ADER Association pour le Développement des énergies renouvelables | On nous parle d’urgence climatique, de transition énergétique et d’augmentation massive de la production d’électricité renouvelable. Les lois se succèdent, les subventions sont mises en avant, et le solaire est présenté comme un pilier de l’avenir énergétique suisse. Mais derrière ce discours volontariste, la réalité raconte une tout autre histoire.
D’un côté, le canton de Vaud affirme vouloir encourager la production d’électricité solaire. De l’autre, les acteurs chargés de sa mise en œuvre multiplient les freins. Romande Energie, par exemple, a décidé de ne plus valoriser, dès le 1er janvier 2026, les garanties d’origine (GO) associées aux kilowattheures solaires. Ces garanties, pourtant rémunérées à hauteur de 0,5 ct/kWh en 2025, constituaient un signal économique clair en faveur des producteurs. Leur suppression affaiblit directement la rentabilité des installations photovoltaïques. Rappelons que le canton de Vaud et les communes vaudoises sont des actionnaire importants de Romande Energie !
Comme si cela ne suffisait pas, l’ElCom – la Commission fédérale de l’électricité – autorise depuis le 1er janvier 2026 les distributeurs à limiter la puissance injectée par les nouvelles installations solaires à 30 % de leur puissance installée. Autrement dit, même lorsque le soleil brille et que l’électricité est disponible, une grande partie de cette production pourra être volontairement bridée.
Quel message envoie-t-on aux citoyens, aux entreprises et aux collectivités qui investissent dans le solaire ? Qu’ils sont encouragés à produire… à condition de ne pas produire trop. Cette incohérence mine la confiance, décourage l’investissement et ralentit une transition énergétique pourtant présentée comme indispensable.
Si la Suisse souhaite réellement développer le solaire, elle doit aligner ses actes sur ses ambitions. Sans cadre clair, stable et cohérent, les appels à la transition énergétique resteront de simples slogans – et le potentiel solaire du pays, une promesse non tenue.


