Coupe des Nations : succès argentin, surprise italienne
La 70e édition du plus vieux tournoi de rink-hockey du monde a tenu toutes ses promesses. En finale, le favori argentin a eu raison d’une valeureuse équipe d’Italie que l’on n’attendait pas à ce niveau-là.


Née en 1921, la Coupe des Nations est une référence incontournable en matière de rink-hockey. Et la 70e édition du tournoi montreusien a marqué les esprits cette année avec un choc au sommet inattendu entre l’Argentine et l’Italie. Les autres géants de la discipline que sont l’Espagne, le Portugal et la France n’ont pu que regarder passer la caravane.
Petit retour en arrière. En octobre 2016, le Pully RHC accueille, à la salle Arnold-Reymond, le championnat d’Europe U20. Arrivée en finale, l’équipe d’Italie s’incline face au Portugal 3-1. Le seul but des Transalpins est marqué par Francesco Compagno, un jeune joueur qui, à 17 ans, crève déjà l’écran. Dix ans plus tard à Montreux, ce même Compagno emmène une équipe qui, bien que privée de ses deux stars Cocco et Gaviola, également présents à Pully en 2016, va bousculer les plus grands. S’appuyant sur Stefano Zampoli, un gardien de format mondial, et grâce à des buts d’anthologie, l’Italie humilie l’Argentine 5-2 en qualifications et bat l’Espagne 6-4 en demi-finale.
Il est juste de dire toutefois qu’en finale, l’Argentine, qui a éliminé le Portugal au stade précédent, va doucher les espoirs italiens. Instruite de sa mésaventure en qualifications, l’Albicéleste n’a laissé aucun espace à ses adversaires transalpins en première mi-temps. Et à la 9e minute, Danilo Rampulla profitait déjà d’une erreur de la défense italienne pour marquer le 1-0. En seconde période, le scénario s’inverse et les Italiens regagnent du terrain mais sans trouver la faille. Il est vrai que, du côté argentin, veille un autre gardien d’exception, Conti Acevedo.
Le match va se jouer à quelque 90 secondes du coup de sifflet final, lorsque le coach italien Bertolucci joue son va-tout et sort son portier pour profiter du surnombre. Mais c’est à nouveau Rampulla qui marque dans un but vide et permet aux Argentins de remporter leur deuxième trophée montreusien consécutif, le 5e depuis 1989. L’Argentine n’a rien volé sur la Riviera, mais nul doute que l’Italie, qui a gagné sa dernière Coupe des Nations en 1982 et son dernier championnat du monde en 1997, aura pris date pour l’avenir.
Du rôle du gardien
Il reste que les rencontres entre « Las Cinco Grandes » se sont souvent jouées à trois fois rien. Aux nations de la péninsule ibérique, pourtant venues avec en force mais qui ont dû se contenter d’une demi-finale remportée par le Portugal, il a peut-être manqué des gardiens mieux inspirés. Le constat est encore plus cinglant pour la France qui a manqué son match contre l’Espagne et s’est révélée incapable de concrétiser sa domination contre le Portugal. « Le point faible de notre équipe est notre goal, explique un dirigeant français rencontré sur place. Donnez-nous Guillaume Oberson et nous sommes champions du monde ! »
Pulliéran, dernier rempart et capitaine de l’équipe suisse, ce dernier appréciera sans nul doute le compliment. Il est vrai que, à 39 ans, Oberson a largement fait son job dans une équipe qui, plus vive, plus entreprenante, a progressé si on la compare avec celle des Mondiaux de Novare. « C’est encourageant, explique Oberson, mais ça ne suffira pas à combler l’écart qui nous sépare des plus grands. Seul un vrai programme permettant d’envoyer nos meilleurs joueurs à l’étranger, comme l’ont fait les Français, permettrait de diminuer ce gap ». Au final, les Suisses terminent au 7e rang de la compétition.
Bref, la Coupe des Nations 2026 a tenu toutes ses promesses. Avec un regret tout de même : le public est certes venu en nombre, mais on ne joue plus à guichets fermés, comme cela a pu arriver par le passé lors des confrontations entre l’Espagne et le Portugal. Dommage parce que le rink-hockey à un niveau professionnel et dans une salle pleine, c’est quand même quelque chose à voir et à entendre.
Coupe des Nations 2026
Résultats des finales :
Montreux – Suisse 3-6
France – Angola 6-3
Portugal – Espagne 3-2
Argentine – Italie 2-1
Pully – Wolfurt
Passées les festivités de Pâques, le championnat suisse reprend ses droits ce week-end. Pully recevra Wolfurt à l’enseigne des demi-finales des playouts. Le match se déroulera à la salle Arnold-Reymond, samedi 11 avril, à 18h.
Pour les garçons du coach Mateo De Ramon, l’objectif est de ne pas se laisser surprendre et de boucler la série au plus vite afin d’ores et déjà de préparer la saison prochaine.
L’optimisme est de mise, puisque Pully reste sur deux victoires contre cette équipe, à domicile et à l’extérieur sur le score de 3-2. Qui plus est la dernière fois avec trois titulaires blessés. Mais attention, comme le montrent les résultats, l’écart est faible et l’équipe autrichienne, qui participe au championnat suisse, reste un adversaire difficile à manipuler.


