Club nautique de Pully – Maud Jayet, sélectionnée pour les JO de Tokyo

Son palmarès aux divers championnats est prestigieux

De gauche à droite, Nils Theuninck, le président José Del Valle, Gauthier Verhulst,
la sélectionnée aux JO Maud Jayet, Anne-Sophie Thilo et Lydia Masmejan, municipale à Pully
Maud Jayet

Christian Dick | Le Club Nautique de Pully présentait lundi 5 juillet ses espoirs et ses médaillés dont Maud Jayet sélectionnée aux JO de Tokyo. Le président José Del Valle a commencé par remercier les familles, qui sont un appui mental et financier essentiel, et relevé le charme de Maud que nous envieront les Japonais. « Troisième en Coupe du monde, tout lui est permis ». Nils Theuninck est un talent lui aussi et n’aurait pas démérité aux JO. Gauthier Verhulst, troisième au championnat d’Europe U21 ILCA promet pour les prochains. A l’énumération des palmarès, le président assure qu’il ne réalise pas encore la situation ni l’exploit de qualifier une des membres de son club. Le mouvement junior assure d’ailleurs la relève avec 40 compétiteurs. Pour la municipale Lydia Masmejan, c’est une fierté de coacher de tels talents. Fierté pour la commune et ce qu’elle souhaite transmettre aux jeunes, fierté ensuite qu’un petit pays soit capable d’avoir un club fort qui voit l’émergence de grands sportifs. Elle se rappelle le courage et la persévérance de ces jeunes qui bravaient le froid et la pluie. « Malgré la peur des parents, ils ont pu découvrir leur force intérieure et ce dont ils étaient capables. »

L’équipe suisse de voile olympique compte six athlètes dont quatre en équipages, représentant quatre classes de bateaux. La moitié provient des rives du Léman. Le parcours d’une qualification est long et difficile. D’abord, il faut qualifier la nation. Swiss Olympic fixe les règles qu’applique Swiss Sailing. Des épreuves qualificatives sélectionnent les meilleurs éléments. Le quota par nation est la première étape que tout pays doit remplir pour envoyer un athlète aux JO. En voile, le nombre de places est de 350 à parité égale entre hommes et femmes. Le palmarès de Nils Theuninck, 25 ans, pressenti pour une participation aux JO de Tokyo, impressionne. Il a commencé la voile sur Optimist à 6 ans. En 2011 à San Francisco, il est sacré champion du monde U16 de Laser 4.7, puis il termine troisième au championnat d’Europe U17 à Nieuwpoort en Laser Radial. Il est champion suisse en 2013 en Laser Standard et remporte en 2016 la médaille de bronze au championnat d’Europe U21 à Split. Il est cette même année champion suisse de Finn. Nils représente encore la Suisse lors de la dernière Red Bull Youth America’s Cup en 2017 aux Bermudes où l’équipe a terminé troisième, et en 2021, il est médaillé de bronze aux championnats d’Europe de Finn. Pourtant, c’est l’Espagne qui s’adjugera la qualification pour Tokyo. La série va tomber. Il retentera le coup en 2024 en Laser. Maud Jayet a 24 ans et navigue en Laser Radial. Elle a franchi la première étape de la qualification pour la Suisse aux championnats du monde d’Aarhus en 2018. Comme Nils, elle a débuté sur Optimist, à l’âge de 7 ans. Son palmarès  aux championnats du monde, en coupes du monde et d’Europe, aux championnats d’Europe et nationaux est prestigieux. Il n’y aura pas de public à Tokyo, mais à la voile c’est déjà ainsi. Elle est heureuse, mais regrettera l’ambiance qu’il n’y aura pas dans le village olympique. Cela lui permettra de se concentrer sur sa régate. Elle connaît déjà le plan d’eau d’Enoshima où se sont déroulées les épreuves de voile des JO de Tokyo en 1964. « Mais d’une saison à l’autre tout peut changer. De toute façon, ce sera une expérience particulière », confie la navigatrice qui se réjouit déjà des JO de 2024 à Paris. Elles seront 44 dans la série. Maud espère une médaille. « L’or et l’argent vont être très difficiles à chercher, mais une troisième place est jouable. La position au départ est primordiale. » Sur son site internet, la talentueuse régatière avoue que sa percée s’est produite lors de sa qualification aux championnats du monde Optimist en Malaisie à 14 ans. Depuis, la voile est devenue une partie centrale de sa vie. Chaque nouveau lieu est un défi : « Comprendre les régimes de vent, maîtriser la configuration des vagues et les marées. Le meilleur marin est celui qui saura les maîtriser le plus et c’est la variété des conditions que nous pouvons obtenir qui rend la navigation si spéciale et stimulante. » Pour Anne-Sophie Thilo, rien n’est retranché d’une participation aux JO. C’est quelque chose qui guide sa vie à tout moment. « On peut acheter un billet pour la lune, pas pour les JO, affirme celle qui a représenté la Suisse aux JO de 2008. Ces expériences que nul ne pourra vous enlever vous grandissent. » L’appui de sa famille a aussi énormément compté. Elle et son équipière, naviguant en double en 470, avaient alors tout juste 20 ans. Anne-Sophie a encore navigué mais ne s’est pas représentée. Les deux équipières se sont séparées. Pour naviguer à deux, il faut une alchimie qu’on ne remplace pas si facilement. 2012 marque l’arrêt de sa carrière vélique. Anne-Sophie utilise tous les jours son bagage olympique qui lui vaut une belle reconnaissance professionnelle et sociale. Aux nouveaux, elle conseille d’être prêt à 200% sur tous les aspects : météo, mental, plan d’eau, compréhension du bateau… « La régate parfaite, c’est gérer au mieux ses difficultés. » Elle s’envole aussi pour Tokyo mais ne naviguera pas. Experte en communication et passionnée par le développement à travers le sport, elle gère les relations médias des réfugiés du CIO. L’équipe olympique des athlètes sans passeport constituée par Thomas Bach, président du CIO, a participé pour la première fois aux JO en 2016. Ils étaient 10 athlètes pour trois sports, ils sont aujourd’hui 29 dans 12 disciplines.

Maud Jayet aux World Cup Series à Miami en 2018
Anne-Sophie Thilo, JO 2008 Pékin