C’est à lire – Le train des brumes

Yves Paudex / Editions Plaisir de lire

Monique Misiego | Il fait nuit noire quand, le 23 décembre 1996, l’Intercity 744 se fait braquer par une bande de malfrats à Grandvaux. Le butin ? Des sacs postaux contenant de l’argent liquide et des papiers-valeurs. Les enquêteurs Valentin Rosset et Samuel Rochat sont chargés de l’affaire. L’un est sensible et expérimenté avec un sens de la justice prononcé, l’autre taciturne et parfois antipathique tout en étant discipliné. Malgré leur tempérament opposé, les deux inspecteurs vont unir leurs forces pour démasquer les coupables. Tout en apprenant à se connaître et à avancer, tant dans leur quête des malfaiteurs que dans leur propre humanité, ils vont devoir faire face à de multiples revers. Meurtres, suicide, violence jalonneront leur voyage. Mais, au bout du tunnel, parviendront-ils à arrêter les criminels ? Dans une autre vie, Yves Paudex a été inspecteur, puis commissaire de police à Lausanne. Il a enquêté sur le braquage du train postal Zurich – Genève en 1996. A l’époque, deux gangsters s’introduisent à Fribourg dans un train puis neutralisent le mécanicien dans la cabine de commande. Vers 23h30, à Riex, le train est arrêté, des comparses rejoignent les voleurs dans le train et neutralisent l’employé de la poste. Le gang dérobe 26 sacs postaux en 10 minutes et s’enfuit par les chemins de vigne. Jamais le butin ni les auteurs ne seront retrouvés. Près de 30 ans plus tard, Yves Paudex revient sur les lieux de l’affaire. Devenu auteur de thrillers à succès, il refait l’histoire dans « Le train des brumes ». En la relatant, puis en la concluant de manière fictive, il dit qu’il a pu tourner la page de cet échec et d’autre part, eu le plaisir jouissif (je cite) d’effacer ses zones d’ombre par l’imaginaire. J’ai parfois quelques doutes sur le talent des auteurs qui proviennent du terrain. Je m’explique : la matière première est toute trouvée, ils n’ont pas besoin d’aller bien loin pour avoir une énigme bien ficelée. Yves Paudex n’est pas le seul dans ce cas, Nicolas Feuz, procureur, rencontre un certain succès aussi. Et dans le cinéma, Olivier Marshall, qui produit des policiers a travaillé dans la police également. Ceci dit, ce n’est pas donné à tout le monde de savoir écrire et mettre sur pied une énigme qui tient la route. Je trouve que le travail est accompli dans ce bouquin. Même si les polars ne sont pas ma préférence, celui-ci est intéressant et captivant. Du beau boulot. C’est la dernière fois que je vous recommande un roman. Cette chronique était la dernière que j’écris pour le journal. Comme les années passent parfois plus vite qu’on ne le pense, j’ai enfin atteint l’âge de la retraite. Et qui dit retraite dit repos mais aussi d’autres projets. Ma première chronique dans ce journal date de 2013. A raison d’un livre à peu près par semaine, excepté pour les trois semaines de vacances, je vous laisse calculer le nombre de chroniques que j’ai fournies. Mais j’ai toujours eu du plaisir à les faire, malgré le fait de devoir lire un livre par semaine, ce qui orientait parfois mes choix. J’ai découvert des auteurs et des autrices formidables, d’autres un peu plus narcissiques, des gens touchants, des gens d’ici souvent, car j’ai toujours favorisé le « lire local ». L’Amérique, pour moi c’est trop loin et leurs auteurs n’ont pas besoin de nous. Nous avons tellement de bons auteurs autour de nous. J’espère que vous continuerez à les suivre. Je vous remercie pour vos retours, ceux des auteurs souvent, ceux des lecteurs plus rarement mais des témoignages touchants, toujours. J’ai un pincement au cœur à me dire que je ne ferai plus ma chronique le dimanche soir pour mon rédacteur en chef préféré. Vous me manquerez. A tous un grand merci et à mon remplaçant ou ma remplaçante, bonne suite !